Sur la route du Paris-Roubaix, à la découverte de la France qui se remet en selle

À l'occasion du retour de la classique cycliste, franceinfo a suivi le parcours du Paris-Roubaix pour voir comment des villes, des entreprises, des particuliers tentent de tourner la page de l'épidémie de Covid-19.

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Radio France
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Le marché de Compiègne en mai 2020 (Photo d'illustration). (FRED HASLIN / MAXPPP)

La plus célèbre des classiques cyclistes, Paris-Roubaix, fait son retour dimanche 3 octobre après un an et demi d’absence en raison de l'épidémie de Covid-19. L’occasion de nous arrêter sur le bord de la route pour voir cette France qui se remet en selle et qui reprend, petit à petit, une vie à peu près "normale".

KM 0 - À Compiègne, l'opéra reprend ses droits

Le monde de la culture a été lourdement touché par l’épidémie de Covid-19. Au théâtre impérial de Compiègne, la saison ne reprend que dimanche après quasiment deux ans d’inactivité. La salle accueille principalement de l'opéra dans ce théâtre dit impérial "parce qu'il a été construit à la demande de Napoléon III en 1866", explique le directeur Eric Rouchaud. Depuis mi-février 2020 jusqu'au début du mois de juillet 2021 la scène de ce théâtre à l'italienne est resté (presque) fermée. "Nous n'avons pas eu de spectateurs, à part une petite parenthèse en octobre 2020, et on a repris pour deux concerts en juillet dernier", raconte Eric Rouchaud.

Avec un total de trois concerts ces deux dernières années, il s'agit de rattraper le temps perdu. "J'aime bien aller au bout des projets, donc on n'a pas annulé les spectacles, développe le directeur du théâtre impérial. On les avait en effet reportés cette saison. Donc, c'est pour ça qu'on a aussi beaucoup de concerts et de spectacles cette année." De nombreuses représentations sont à prévoir cette saison qui s'annonce dense et très riche, selon Eric Rouchaud : "C'est une saison extrêmement intense et on attend avec impatience le public pour qu'il reprenne ses habitudes, voire les dépasse."

Étape 1 - L'opéra rouvre ses portes à Compiègne - Valentin Dunate
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KM 70 - À Fresnoy-le-Grand, les élèves vont redécouvrir la classe sans masque

À partir de lundi, dans 47 départements français où le taux d’incidence se stabilise au-dessous du seuil de 50 pour 100 000 habitants, les enfants n’auront plus à porter le masque comme à Fresnoy-le-Grand dans l’Aisne. Devant l'une des deux écoles primaires de cette commune de 3 000 habitants, les enfants et leurs parents ont le sourire. La fin du masque pour les élèves est déjà une très belle avancée vers une vie un peu plus normale. "Pour les enfants, c'est quelque chose de très pénible à supporter et je pense qu'ils font bien de d'enlever le poids du masque", explique une mère de famille. "Quand mon fils sort de l'école, le masque est trempé au bout de quatre heures. Je pense que c'est quand même une avancée", avance une autre.

Forcément, ceux pour qui ça va vraiment changer la donne, ce sont les enfants. "Depuis très longtemps, on porte le masque et au bout d'un moment, on en a marre, explique un des élève de l'école primaire. On ne peut pas respirer librement dans la classe, c'est ça qui est embêtant." Tous, pourtant, ne partagent pas cet engouement. Les grands-parents, notamment, qui sont nombreux à garder les enfants à la pause déjeuner. "Les enfants sont contents, mais ils rentrent à la maison, s'inquiète l'un d'eux. Donc, je pense que ce n'est pas fini et c'est un peu tôt, Il y a des étapes à franchir et il faut y aller doucement avant d'enlever le masque."

Étape 2 - Fin du masque dans les écoles de Fresnoy-le-Grand - Valentin Dunate
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KM 160 - À Wallers-Arenberg, le monde associatif et sportif relève la tête

À Wallers-Arenberg (Nord), 5 500 habitants, le monde associatif et sportif a été durement touché par la crise comme dans de nombreux villages en France. Les majorettes de Wallers viennent tout juste de reprendre les entrainements. Les Amazones existent depuis 1976, plus de 40 ans. Mais pendant près de deux ans, "il n'y avait que dalle : plus de sorties, plus de festivals, plus d'entraînements, plus rien", raconte Maryline Baudry, présidente du club. Elle a même cru que les majorettes allaient disparaître de la commune : "Je me suis demandé si vraiment on allait redémarrer. Il y a un moment où je pensais même fermer. Et puis, les filles m'ont appelé pour me dire de redémarrer et elles sont toutes là."

L'entraînement a donc repris le mois dernier. "On était tout le temps chez nous, se remémore Manon, l'une des capitaines. On ne pouvait plus pratiquer ce qu'on voulait faire. C'est une passion où on rencontre de nouvelles personnes. Ça fait du bien au moral aussi." C'est sur un rythme effréné que les Amazones dansent et manipulent leur bâton. Ces filles qui ont entre 5 et 25 ans, avaient hâte de reprendre l'entraînement. "Nous voir toutes maquillées, coiffées et avoir nos robes, ça nous fait extrêmement plaisir. De nous revoir au bout d'un certain temps, ça fait plaisir aussi", se réjouit Madison, 17 ans.

Évidemment, tout n'est pas encore parfait, loin de là. Les Amazones de Wallers ont du mal à recruter de nouvelles filles à cause de notamment du pass sanitaire. Pour l'instant, les galas n'ont pas repris, mais l'essentiel est ailleurs pour Maryline Baudry : "Ça fait plaisir quand on les voit habillées en train de danser et que les gens disent qu'elles sont belles, je suis très fière."

Étape 3 - Les majorettes retrouvent leur sourire à Wallers-Arenberg - Valentin Dunate
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KM 257 - À Roubaix, l'industrie textile reboostée par le Covid-19

Les entreprises textiles durables sont en plein essor et profitent même d’un impact positif du Covid-19. Roubaix a longtemps été un fleuron de l'industrie textile en France, mais là, "c'est la ville qui est en train de renaître de ses cendres" explique Stéphanie Calvino. Cette styliste est responsable de l'Atelier Résilience, une entreprise d'insertion qui s'est implantée dans le quartier de l'Épeule. L'Atelier Résilience a commencé par fabriquer des masques en mai 2020, avant d'étoffer son offre. "Le Covid a servi de tremplin, explique-t-elle. La ville était déjà sur une dynamique et le Covid a permis d'accélérer le tempo au niveau justement, de l'industrie textile."

Si on discute avec Christophe Lépine, l'un des cofondateurs de Résilience, on se rend compte que la fabrication textile locale est désormais fortement plébiscitée par les grandes enseignes. "En ce moment, il est en train de remplir le carnet de commandes, explique-t-il. Et beaucoup plus que les autres années, cinq fois plus par rapport à avant Covid. La réponse locale est clairement une réponse qui donne de la réactivité et donc moins de prise de risque en amont sur les stocks. L'outil local prend tout son sens aujourd'hui pour tous les acteurs du métier."

Produire localement et de manière écoresponsable, cela plaît aux consommateurs, et les investisseurs ou les banques le savent désormais, ce qui explique notamment ce regain d'activité à Roubaix, plus encore qu'avant la crise sanitaire. Et forcément, dans la ville, on en est fier. "J'ai l'impression que c'est arrivé super vite, alors qu'on attend ça depuis tellement d'années, explique Cynthia Sither, fondatrice de Sither et Ambroise qui réalise des combinaisons sur mesure. "J'avais un rêve dès le départ de la création de ma marque, c'est de pouvoir fabriquer localement, poursuit-elle. C'était une obligation pour moi, ça faisait partie de mon ADN. Je suis juste hyper contente de pouvoir tout faire au même endroit. C'est juste un plaisir, un bonheur et une fierté aussi d'être ici et de sentir que tout le monde avance vers cette direction, j'en suis super contente." D'autant que toute cette filière crée des emplois et cela compte énormément dans une ville où le taux de chômage dépasse les 30%.

Étape 4 - La renaissance de l'industrie textile à Roubaix - Valentin Dunate
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