Reportage Paris-Roubaix : à Arenberg, les Belges ont fait de la trouée leur royaume

Des centaines de supporters belges se sont massés le long de la mythique route pavée, où le flamand est presque devenu la langue officielle le temps d'un après-midi.

Article rédigé par
De notre envoyée spéciale - Hortense Leblanc
France Télévisions
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Les supporters belges étaient présents en nombre, dimanche 17 avril, à la Trouée d'Arenberg, pour encourager leurs coureurs. (HORTENSE LEBLANC/ FRANCEINFO:SPORT)

"Ici quand tu crois qu’il n’y a plus de Belges, tu tombes sur dix autres Belges." Si la plaisanterie d’un supporter noir-jaune-rouge peut prêter à sourire, elle résume au mieux la réalité de la trouée d’Arenberg, envahie par les Flandriens et les Wallons, dimanche 17 avril lors de la 119e édition de Paris-Roubaix. Et au passage des coureurs, c’est forcément le champion de Belgique, Wout van Aert, qui l’a emporté à l’applaudimètre. 

Le Tour des Flandres ? Liège-Bastogne-Liège ? À l’arrivée à la Trouée d’Arenberg, une personne non initiée pourrait s’y méprendre. Alors que les baraques à frites tournent à plein régime à la sortie du célèbre passage, la langue majoritaire est le flamand. Et le Français ? Avec l’accent belge alors ! Flamands, Sibrecht, Samuel, Gert et Koneel font l’effort de répondre aux questions dans la langue de Molière. Assis au soleil, ce groupe d’amis est arrivé sur place à 11 heures, "pour l’apéro". Ils suivent la course grâce à la radio flamande : "Comme on est tout près de la frontière, on capte le canal jusqu’ici", se réjouissent-ils.

Pas de foot ? Tous au vélo 

Les journalistes belges ne s’y sont donc pas trompés, et sont venus à Arenberg pour tourner quelques séquences avec leurs compatriotes : "On savait qu’il y aurait beaucoup de Belges ici, puisqu’on est à côté de la frontière", explique Mathieu Langer, reporter pour RTL-TVI. "Je n’ai que 60 kilomètres à faire pour venir à la trouée, alors qu’un Parisien doit en faire plus de 200", constate Luc, venu en voisin. "En plus, ce week-end, il n’y a pas de match de championnat en football en Belgique, donc tous les supporters de foot sont disponibles pour venir sur Paris-Roubaix", ajoute-t-il.

À Arenberg, Wout Van Aert est le coureur le plus attendu par les supporters belges. (HORTENSE LEBLANC/ FRANCEINFO:SPORT)

Et visiblement, beaucoup de footeux sont venus encourager les cyclistes puisque les maillots des Diables Rouges, la sélection nationale belge, fleurissent sur les bords de la route. "Je viens tous les ans ici et j’ai rarement vu autant de Belges, je pense qu’il y a un effet Wout van Aert", commente Hervé, wallon. Le champion de Belgique, au palmarès étoffé, est effectivement l’une des attractions principales pour les spectateurs,et certains portent le maillot de la Jumbo-Visma aux couleurs du drapeau belge.

Il est aussi celui dont le nom est le plus cité, de loin, lorsque l’on demande aux supporters venus du plat pays de donner leur coureur favori. Et parmi les spectateurs, même les Français supportent le Belge. Le jeune Julian, 5 ans, porte la tenue intégrale du champion de Belgique : "À la maison, il ne regarde pas les dessins animés, mais des vidéos de toutes les victoires de Wout van Aert. On est fans de cyclo-cross et comme il est triple champion du monde, on l’a beaucoup vu briller, donc ça vient de là", explique son père.

Julian et ses parents sont français mais supportent le champion de Belgique Wout Van Aert. (HORTENSE LEBLANC/ FRANCEINFO:SPORT)

Le choix des supporters belges de venir assister au passage des coureurs à Arenberg est aussi un choix stratégique : "Ça nous permet d’avoir le temps de rallier le vélodrome de Roubaix pour l’arrivée, puisqu’il reste nonante-cinq kilomètres de course, et puis c’est l’un des secteurs les plus difficiles", affirme Luc. "Je pense que c’est l’endroit le plus mythique de Paris-Roubaix, et c’est là que la course commence réellement", complète Hervé, installé près d’une sortie pour pouvoir rapidement rejoindre son véhicule et s’en aller au Carrefour de l’Arbre. 

Dans la Trouée d'Arenberg, le drapeau belge flottait haut alors que de nombreux Belges étaient venus assister au passage des coureurs de Paris-Roubaix.  (HORTENSE LEBLANC/ FRANCEINFO:SPORT)

Finalement, ce n’est pas le Belge le plus attendu qui a déboulé sur les pavés d’Arenberg en premier. Dans l’échappée, Tom Devriendt a pu profiter des encouragements des centaines de ses compatriotes, parfois juchés sur des caisses de bières pour gagner en visibilité, même si le volume est encore monté davantage au passage de Wout Van Aert. Le champion de Belgique termine finalement deuxième, derrière le Néerlandais Dylan Van Baarle. La 58e victoire belge, sur ce que nos voisins se plaisent à surnommer "la plus belge des classiques", attendra. 



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