Paris-Roubaix : Dylan van Baarle, d'équipier modèle à roi des pavés

Le Néerlandais de 29 ans a décroché le plus beau succès de sa carrière, dimanche, au vélodrome de Roubaix.

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Dylan van Baarle a remporté son premier Monument dimanche, à Roubaix. (THOMAS SAMSON / AFP)

"En entrant dans le vélodrome, j'ai regardé pour voir s'il y avait d'autres gars, mais j'étais seul !", s'est amusé Dylan van Baarle à l'issue de sa victoire sur Paris-Roubaix, dimanche 17 avril. La réaction du Batave sur France 3, encore incrédule quelques minutes après avoir décroché son premier Monument, en disait long sur l'exploit accompli.

Elle traduit, surtout, la joie d'un coureur peu habitué aux victoires. En huit ans de carrière professionnelle, le natif de Voorburg a triomphé six fois. En général cantonné à un rôle d'équipier modèle chez le mastodonte Ineos-Grenadier, Van Baarle attire enfin la lumière sur lui.

Il n'est pas le nom le plus ronflant de son équipe. Habitué à faire les efforts pour les autres, le Néerlandais est un de ces dynamiteurs prompts à lancer des échappées, même seul, quel que soit le terrain. Il n'est pas rare de le voir assurer le train en montagne sur un Grand tour, mais toujours pour défendre ses leaders. Pour ce Paris-Roubaix, il n'était pas le leader de son équipe, Filippo Ganna portait le dossard finissant par le chiffre "un" dans son équipe. Lui portait le 46 et aurait pu se mettre au service d'un Michal Kwiatkowski par exemple. Mais à 29 ans, l'équipier d'Ineos a su saisir sa chance.

Spécialiste des classiques flandriennes

Pour autant, son succès ne doit rien au hasard. Lorsque tous les leaders ont été piégés à 200 kilomètres de l'arrivée, il faisait partie de ceux qui ont participé à la bordure. Sa crevaison à 107 km de l'arrivée ne l'a pas perturbé, pas plus que les retours finalement vains de Mathieu Van der Poel, Stefan Küng et Wout van Aert, plus attendus que lui dimanche.

Vainqueur de son tout premier Monument du cyclisme, Dylan van Baarle évoque sa course et ses émotions après l'arrivée. Le coureur d'Ineos entre dans l'histoire du cyclisme, lui qui était parti en solitaire à 18 kilomètres de la ligne.

Son attaque à 20 km du vélodrome a pétrifié ses poursuivants. Il est le premier vainqueur de Paris-Roubaix depuis Tom Boonen en 2012 à l'emporter avec plus d'une minute d'avance (1'47'' exactement). Plus la carrière de Van Baarle avance, plus il se distingue par ses performances individuelles.

Les Flandres, son jardin

Le Néerlandais n'avait jamais conquis un succès de la trempe de Paris-Roubaix, mais il s'était déjà adjugé une classique flandrienne (A Travers les Flandres, en 2021). Il y a deux semaines, il a longtemps été dans le coup sur le Tour des Flandres, n'abdiquant qu'au sprint pour terminer deuxième. Les Flandres sont son jardin, il compte six top 10 sur le "Ronde". Lorsque les Mondiaux se sont courus entre Anvers et Louvain en septembre dernier, Van Baarle s'est régalé. C'est bien lui qui a pris la médaille d'argent derrière Julian Alaphilippe. Et l'hyperactivité du Batave peut le faire sortir de sa zone de confort : en 2019, il avait remporté la dernière étape du Critérium du Dauphiné sur un terrain montagneux.

Souvent dans l'ombre des ténors d'Ineos, il devient le premier coureur de l'écurie britannique à l'emporter à Roubaix. "On n'a pas toujours eu de la chance ici, a-t-il déclaré après coup. Aujoud'hui, c'était une journée incroyable." Son succès confirme la forme printanière de l'équipe britannique, dans la foulée des victoires de Michal Kwiatkowski sur l'Amstel Gold Race et de Magnus Sheffield sur la Flèche brabançonne.

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