Liège-Bastogne-Liège : Wout Van Aert, l'espoir de la Belgique pour vaincre le signe indien sur la Doyenne

Philippe Gilbert est le seul vainqueur belge de Liège-Bastogne-Liège au XXIe siècle. Onze ans après, Wout Van Aert espère lui succéder, dimanche.

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De notre envoyé spécial à Liège - Vincent Daheron - franceinfo: sport
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Wout Van Aert (Jumbo-Visma) sur la côte de la Redoute, jeudi 21 avril, lors de la reconnaissance de Liège-Bastogne-Liège. (VIRGINIE LEFOUR / BELGA via AFP)

L'espoir d'une première victoire belge sur la Doyenne des classiques depuis plus de dix ans n'a jamais été aussi fort. Wout van Aert se présentera, dimanche 24 avril, au départ de la 108e édition de Liège-Bastogne-Liège pour la première fois de sa carrière. Sur ses larges épaules, pèseront la passion et la pression du peuple belge qui attend un successeur à Philippe Gilbert, dernier vainqueur belge en 2011. Le champion du monde 2012 s'alignera d'ailleurs pour la 17e fois (record de l'épreuve) sur la course qui sillonne les routes de son enfance.

Depuis 2011, cinq coureurs du plat pays ont pourtant remporté au moins un Monument : Tom Boonen (Paris-Roubaix et Tour des Flandres 2012), Philippe Gilbert (Tour des Flandres 2017 et Paris-Roubaix 2019), Greg Van Avermaet (Paris-Roubaix 2017), Wout Van Aert (Milan-San Remo 2020) et Jasper Stuyven (Milan-San Remo 2021). Mais Liège-Bastogne-Liège résiste encore aux locaux ces dernières années puisque la Belgique ne compte qu'une seule victoire au XXIe siècle et deux depuis 1993 (Frank Vandenbroucke en 1999). Bien trop peu pour une nation folle de cyclisme qui totalise 58 succès sur la Doyenne.

Le Covid a chamboulé son calendrier

Cette année, avec la présence de Wout Van Aert, les Belges, se mettent de nouveau à rêver. "Il réunit les Flamands et les Wallons, ce qui n'est pas toujours évident ici, il représente vraiment la Belgique, affirme Eric, un passionné de cyclisme qui a garé son camping-car dans la côte de la Redoute. Si je devais miser une pièce, je la mettrais sur lui." "C'est peut-être bien l'année pour qu'un Belge remporte la course", espère quelques hectomètres plus loin Cédric.

Sa participation n'était pourtant pas prévue à son programme. Mais tout a été chamboulé par sa contamination au Covid-19, au début du mois d'avril. Le champion de Belgique avait dû déclarer forfait pour le Tour des Flandres dont il était le favori (finalement remporté par son rival Mathieu van der Poel) puis l'Amstel Gold Race. Pour compenser, WVA s'est donc aligné sur Liège-Bastogne-Liège.

"On voulait voir comment ça allait se dérouler aujourd’hui. Je suis en bonne forme. Il me faut une bonne récupération et je vais faire une grande classique de plus ce printemps", déclarait-il dimanche dernier, après sa deuxième place sur Paris-Roubaix, derrière Dylan van Baarle (Ineos-Grenadiers). Un premier podium en carrière dans l'Enfer du Nord très rassurant après deux semaines de repos forcé qui l'avaient coupé en pleine ascension, fort de ses succès sur le Omloop Het Nieuwsblad, la quatrième étape de Paris-Nice et le GP E3.

De quoi se placer parmi les favoris pour Liège-Bastogne-Liège ? Le fait que Wout Van Aert découvre la Doyenne des classiques n'est même plus un frein pour cette nouvelle génération de coureurs que rien n'effraie. "Il est hors catégorie et peut gagner presque partout. Pour moi, il a toutes ses chances dimanche. Je dirais même qu’il est le favori n°1 pour la victoire", a même prédit Alejandro Valverde, quadruple vainqueur de l'épreuve (2006, 2008, 2015, 2017), au quotidien belge la DH. "Je me donne une petite chance de gagner et une bonne chance d'être bien classé, a assuré Van Aert dans les colonnes du Het Nieuwblad, jeudi. Je crois que je peux faire quelque chose ici, sinon je ne prendrais pas le départ."

Coureur hors catégorie

Les plus sceptiques mettent en avant son profil de costaud, davantage taillé pour les classiques flandriennes. Avec ses 78 kilos pour 1m90, le natif d'Herentals ne possède pas les mêmes atouts que les poids-plumes habituellement plébiscités sur les routes ardennaises. Mais là encore, Wout Van Aert est fait d'un autre bois, à tel point que sa présence sur une course le place d'office parmi les favoris à l'image du nouveau cannibale Tadej Pogacar.

"C'est propre à la nouvelle génération. On ne veut plus être rangé dans une catégorie et devoir choisir entre être un sprinteur ou un grimpeur, glissait-il dans L'Equipe, à la veille de Paris-Roubaix. Si on peut être les deux, profitons-en ! C'est bien aussi de ne pas être trop formaté." "Il sait tout faire, il ne cesse pas de nous surprendre depuis quelques temps", reprend Eric, non loin du nom Wout Van Aert peint en blanc sur les pentes de la Redoute.

Le nom de Wout Van Aert peint sur la côte de la Redoute, le 23 avril 2022. (DR)

Sa victoire sur l'Amstel Gold Race 2021, qui précédait deux ascensions victorieuses du Mont-Ventoux lors de la 11e étape du Tour de France 2021 ou encore ses deuxièmes places sur les championnats du monde 2020 et les Jeux olympiques 2021 prouvent que l'imaginer lever les bras sur le quai des Ardennes, dimanche, n'a rien de farfelu. "Cela arrivera certainement un jour, affirme son directeur sportif Frans Maassen à Sporza. Wout (Van Aert) peut remporter n'importe quelle course. Je pense que tout est posible avec lui."

Le forfait de Pogacar est un atout supplémentaire

Le profil de l'arrivée pourrait aussi lui convenir. Depuis 2019, l'arrivée est de nouveau située sur du plat, à Liège, alors qu'entre 1992 et 2018, elle était positionnée à Ans, au sommet d'une dernière difficulté. Très rapide au sprint, Wout Van Aert aura sa carte à jouer en cas d'arrivée en petit comité comme lors des deux dernières éditions remportées par Primoz Roglic et Tadej Pogacar. Avec le forfait de dernière minute de ce dernier, vainqueur sortant, le Flamand possède une chance supplémentaire dans sa besace.

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