Lutte contre la fraude technologique dans le cyclisme : "Un combat prioritaire", assure l'UCI

A l'occasion du démarrage de la saison cycliste, dimanche, avec le Grand Prix La Marseillaise, David Lappartient réaffirme samedi sur franceinfo que le "doute ne doit pas exister" sur la fraude technologique.

Le président de l\'Union Cycliste International (UCI), David Lappartient, à Paris, le 23 novembre 2017.
Le président de l'Union Cycliste International (UCI), David Lappartient, à Paris, le 23 novembre 2017. (FRANCK FIFE / AFP)

Le coup d'envoi de la saison cycliste en France sera donné dimanche 28 janvier avec le départ du Grand Prix de cyclisme sur route La Marseillaise. À cette occasion, le Français David Lappartient, président de l’Union Cycliste Internationale (UCI), revient samedi sur franceinfo sur le cas de Christopher Froome après son contrôle anti-dopage anormal au tour d'Espagne.

David Lappartient estime qu'il était "opportun que Chris Froome ne court pas" en attendant la décision dans cette affaire. Par ailleurs, le dirigeant de l'UCI a expliqué que la lutte contre la fraude technologique - des moteurs dans les vélos - était "un combat prioritaire (…) parce que là aussi le doute ne doit pas exister."    

franceinfo : Vous avez déclaré que Sky devait suspendre son leader Christopher Froome dans l'attente de la décision concernant son contrôle anti-dopage sur le dernier tour d'Espagne. La procédure le concernant risque-t-elle d'être encore longue ?  

David Lappartient : La procédure peut être encore relativement longue, puisqu'il y a les droits de la défense. Chris Froome a tout à fait le droit de faire valoir un certain nombre d'arguments. La procédure prévoit qu'il puisse le faire et ça peut prendre encore un certain temps. Quant à ma déclaration c'était plutôt une invitation. M. Froome a tout à fait le droit de courir. Je m'interrogeais pour dire que son équipe, et lui-même, pouvaient réfléchir à ce que ce soit la meilleure solution qu'il court, ou pas. Je pensais qu'il était peut-être opportun qu'il ne court pas dans la mesure où la procédure n'est pas terminée et que si elle devait aboutir à une sanction on pourrait avoir des annulations potentielles des résultats.    

Même s'il est présumé innocent, la suspicion autour de Chris Froome peut-elle nuire à l'image du sport que vous représentez ? Vous n'allez pas vous rendre au tour de Flandres car Lance Armstrong y sera, pourquoi ?  

Il y a des questions d'image. On a terriblement souffert de l'époque Armstrong en termes d'image et Armstrong venant au tour des Flandres, je ne vais pas y aller. Je défends des valeurs et je ne crois pas que M. Armstrong puisse les porter. Quant à la présence de M. Froome dans le peloton, c'est totalement différent parce que pour l'instant, il n'a pas été du tout condamné. Il y a une procédure en cours. L'UCI respectera la position qui sera la sienne et celle de son équipe. Mais je trouvais qu'il pouvait être plus sage éventuellement qu'il ne court pas dans cette attente et aussi pour faire valoir ses droits. On voit bien que le doute dans notre sport est quelque chose de lourd. Et on viendra aussi sur la fraude technologique, c'est un sujet sur lequel on souhaite aussi évacuer le doute.    

Le 21 mars prochain, vous allez présenter plusieurs mesures destinées à lutter contre la fraude technologique, est-ce un combat prioritaire ?  

J'ai toujours annoncé que c'était un combat prioritaire. Là aussi, le doute ne doit pas exister. Il me semble que c'est un sujet plus facile à régler que le dopage. Je trouve que l'UCI doit aller beaucoup plus loin en matière de lutte contre la fraude technologique. Je veux que le spectateur et le téléspectateur qui regardent une course de vélo se disent : "oui je peux croire dans les résultats, l'UCI fait son travail, fait les contrôles nécessaires et aujourd'hui on est assuré qu'il n'y a pas de moteur dans les vélos." C'est mon souhait. Je ne pense pas qu'il y en ait actuellement, mais je veux en donner la certitude à ceux qui aiment le vélo.