Lance Armstrong a-t-il tenté d'"acheter" l'agence antidopage américaine ?

Le coureur déchu de ses sept victoires dans le Tour de France aurait proposé un don de plus de 100 000 euros à l'Usada. Il pourrait passer aux aveux publics concernant les accusations de dopage qu'il a toujours rejetées.

Le coureur cycliste Lance Armstrong, le 21 octobre 2012 à Austin (Etats-Unis).
Le coureur cycliste Lance Armstrong, le 21 octobre 2012 à Austin (Etats-Unis). (TOM PENNINGTON / GETTY IMAGES)

Lance Armstrong a-t-il tenté d'"acheter" l'Usada, l'agence américaine antidopage ? C'est ce qu'a assuré mercredi 9 janvier son directeur, Travis Tygart. Le coureur cycliste, déchu de ses sept victoires dans le Tour de France pour cause de dopage, aurait tenté en 2004 de faire une donation de l'ordre de 250 000 dollars (191 000 euros) à l'Usada. Explications.

Ce qui est reproché à Lance Armstrong

Invité de l'émission "60 minutes Sports" diffusée sur la chaîne américaine CBS, Travis Tygart a confié sa "stupéfaction" lorsque l'un des représentants du coureur texan a proposé de faire un important don à l'Usada. "J'étais estomaqué. C'était un véritable confit d'intérêts pour l'Usada. Nous avons aussitôt rejeté l'offre", a-t-il assuré. Interrogé sur le montant, Travis Tygart a répondu qu'il était "supérieur à 150 000 dollars" (près de 115 000 euros). La somme pourrait même avoisiner les 250 000 dollars.

Le président de l'Usada a également comparé Armstrong et son équipe à une "mafia" prête à intimider les coureurs afin qu'ils se plient sans broncher à leurs méthodes illégales. 

Ce que répond le camp du cycliste

L'avocat de Lance Armstrong dément. "Rien n'est vrai dans cette histoire", a déclaré Tim Herman au journal USA Today (en anglais) mardi. "C'est la première fois que Lance entend ça. Il n'a jamais effectué ni suggéré un tel don", a-t-il poursuivi. Et d'ajouter qu'il se souvenait vaguement que "Lance avait été sollicité pour contribuer à un achat d'équipement et je crois qu'il a fait des dons, mais je ne sais pas si c'était à l'Usada (…) ou à tout autre acronyme".

Ce n'est pas la première fois que le coureur cycliste, déchu de ses sept victoires du Tour de France, est cité dans une affaire de la sorte. Le directeur de l'Usada, considéré comme le nouveau chevalier blanc de la lutte antidopage, avait déjà dénoncé une donation de 100 000 dollars d'Armstrong à l'Union cycliste internationale (UCI). C'est cette enquête de l'Usada qui avait conduit l'UCI à bannir le coureur du palmarès du Tour. 

Vers des aveux publics ?

Dans le même temps, le New York Times (en anglais) a révélé que Lance Armstrong sera l'invité de la célèbre animatrice Oprah Winfrey, le 17 janvier. L'entretien doit durer 90 minutes sur la chaîne Oprah Winfrey Network et pourra être suivie en direct sur internet. La chaîne promet qu'il abordera "sans concession" les accusations de dopage que le cycliste a rejetées jusqu'alors.

L'entretien se déroulera chez le sportif, à Austin (Etats-Unis) et sera "la première intervention publique du septuple vainqueur du Tour de France depuis la radiation de tout son palmarès", affirme la chaîne. Le cycliste, 41 ans depuis décembre, aurait confié à des proches et des acteurs de la lutte antidopage qu'il pensait à avouer publiquement ses fautes pour obtenir la levée par les autorités antidopage de sa radiation à vie prononcée cet automne.