L'affaire Lance Armstrong en cinq questions

Alors que l'Union cycliste internationale vient de retirer ses sept Tours de France au coureur, FTVi répond aux interrogations soulevées par cette décision.

Lance Armstrong après sa victoire sur le Tour de France, le 23 juillet 2000 à Paris.
Lance Armstrong après sa victoire sur le Tour de France, le 23 juillet 2000 à Paris. (JOEL SAGET / AFP)
SPORTS – Le coup de grâce. L'Union cycliste internationale (UCI) a retiré, lundi 22 octobre, ses sept Tours de France à Lance Armstrong, accusé de dopage dans un rapport cinglant de l'agence américaine antidopage (Usada). Après cette décision, de nombreuses questions restent en suspens. FTVi résume l'affaire Armstrong en cinq points.

1De quoi Lance Armstrong est-il accusé ?

Selon l'Usada, le coureur texan a tout simplement "monté le programme de dopage le plus sophistiqué, professionnel et réussi jamais vu dans l'histoire du sport". Non seulement l'agence américaine antidopage dispose de témoignages accablants, dont ceux d'anciens coéquipiers, mais elle possède aussi des échantillons sanguins de 2009 et 2010, dont l'analyse ne laisse planer aucun doute.

L'UCI est de son côté accusée d'avoir couvert des contrôles positifs de Lance Armstrong, en 1999 et 2001, en échange d'un pot-de-vin de 500 000 euros de la part de Nike la première année et d'un versement de 100 000 dollars (76 000 euros) de la part de Lance Armstrong la deuxième année, officiellement pour la lutte antidopage. L'UCI tout comme l'équipementier sportif démentent fermement ces accusations de corruption. 

2Qui va hériter de ses sept Tours de France ?

La décision de réattribuer ou non les podiums du Tour de France de 1999 à 2005 sera prise vendredi 26 octobre par l'UCI. Le directeur du Tour, Christian Prudhomme, a déjà émis le souhait de ne pas désigner de nouveaux vainqueurs pour ces sept Grandes Boucles.

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La difficulté réside dans le fait que les cyclistes arrivés seconds et troisièmes de ces Tours (les Allemands Jan Ullrich et Andreas Klöden, l'Italien Ivan Basso…) sont eux aussi empêtrés dans des affaires de dopage.

3Armstrong va-t-il devoir rembourser ses primes de victoire ?

 
Il est vraisemblable que le coureur doive reverser ses primes de victoire sur le Tour de France, soit l'équivalent d'environ 3 millions d'euros. Lance Armstrong pourrait aussi se voir réclamer ses bonus par ses anciens sponsors, qui s'estiment floués. D'après le magazine américain Forbes (lien en anglais), il engrangeait en 2009 autour de 10 millions d'euros annuels en sponsoring.
 
Le Sunday Times, son ex-assureur, ses anciens coéquipiers… La liste de ceux qui pourraient se retourner contre Armstrong est longue. Et le feuilleton juridico-financier s'annonce long et coûteux. Mais le coureur américain dispose d'un trésor de guerre, avec une fortune personnelle qui frôle la centaine de millions d'euros.
 

4Le cycliste garde-t-il le soutien de certains sponsors ?

Après la décision des lunettes de soleil Oakley de lâcher le coureur lundi 22 octobre, Lance Armstrong n'a plus aucun sponsor. Juste après la publication du rapport de l'Usada, le cycliste américain a perdu en 24 heures le soutien de l'équipementier Nike, du fabricant de vélos Trek, du brasseur Anheuser-Busch, de la marque de casques Giro, du fabricant de produits énergétiques FRS et du spécialiste de la nutrition Honey Stinger. Les autres ont suivi dans le week-end.

Le coureur est-il fini pour autant ? Rien ne dit que d'autres marques ne voudront pas associer leur image à un champion défendu bec et ongles par une partie du public américain, que ce soit pour sa carrière sportive ou sa lutte contre le cancer.

5D'autres coureurs vont-ils être inquiétés ?

Lance Armstrong va-t-il entraîner dans sa chute d'autres cyclistes, notamment français ? Si aucune charge ne pèse contre lui, Laurent Jalabert a appartenu à plusieurs équipes (la ONCE de Manolo Saiz ou la CSC de Bjarne Riis) dont beaucoup de coureurs ont reconnu s'être dopés, comme l'Allemand Jörg Jaksche. L'ancien maillot à pois français du Tour a toujours été très évasif sur la question. 
 
Il faut toutefois reconnaître que la France est plutôt en pointe dans la lutte antidopage depuis l'affaire Festina à la fin des années 90. Et selon Pierre Chany, journaliste légendaire de L'Equipe aujourd'hui disparu, les accusations de dopage qui pèsent sur certains cyclistes ne doivent pas ternir la réputation sportive de tous les autres. En 1994, il déclarait : "Le jour où un bourrin détrônera un pur-sang grâce à une piqûre, alors là, oui, le cyclisme sera en danger de mort."