Haïti: confusion autour de l'organisation du vote dans les camps de réfugiés

Dix mois après le séisme, des bureaux de vote ont ouvert en retard ce matin, témoin de la difficulté de coordonner ces élections dans un pays toujours convalescent. Un vote qui s'organise très difficilement dans les camps de réfugiés.

(Radio France © France Info)

La colère des milliers d'habitants du camp Corail, à une douzaine de kilomètres au nord de Port-au-Prince. Un bureau de vote a été installé avec seulement 39 électeurs inscrits, 446 bulletins disponibles seulement. Les réfugiés sont invités à aller voter dans leurs quartiers d'origine... Mais ils n'ont pas les moyens de payer les frais de transport.

Des informations faisaient état d'autres retards dans
l'ouverture des bureaux, gardés par plus de 11.000 casques bleus
de la Minustah, la force des Nations unies dans le pays.
Dans le camp de réfugiés de La Pista, qui abrite plus de
50.000 rescapés du séisme de janvier qui a fait 250.000 morts,
Harold Clerg se plaignait, comme nombre de ses camarades, de
n'avoir pu obtenir les nouveaux papiers d'identité qui lui
auraient permis d'aller voter.

Les conditions dans lesquelles les Haïtiens se sont rendus aux urnes étaient pour le moins spartiates : dans une école transformée en bureau de vote, sur la route de Frères, les électeurs ont du prendre leur mal en patience pendant que les assesseurs du bureau s'affairaient pour installer le matériel de vote.

A l'hôtel de ville de Pétion-ville, en banlieue de Port-au-Prince, de simples morceaux de carton faisaient office d'isoloirs, alors que les électeurs étaient invités à cocher une case sous les photos des 18 candidats pour signifier leur choix.

Selon l'ONU, tout se passe bien

Selon le chef de la mission de l'ONU en Haïti
(Minustah) Edmond Mulet les élections présidentielle et
législatives “se passaient bien” malgré des “incidents mineurs”.
il cite notamment dans ce cadre “quelques
incidents à Desdunes” dans le nord d'Haïti, une petite ville dont le maire
où les bureaux de vote ont été saccagés, et où il y a eu des blessés par balles. Une demi-douzaine de de véhicules blindés "“pour reprendre le contrôle de la
situation” .