Dopage : le docteur Fuentes condamné à un an de prison

Le médecin espagnol Eufemiano Fuentes a été condamné mardi à une peine d'un an de prison, dans le cadre de l'affaire de dopage "Puerto". Le scandale mondial a éclaboussé plusieurs sportifs, notamment espagnols, mais la justice a interdit à l'Agence mondiale antidopage de saisir les 211 poches de sang retrouvées chez le Dr Fuentes. Le tribunal s'est montré plutôt clément.

(Maxppp)

Il est devenu au fil des ans la figure scandaleuse du dopage à grande échelle dans le monde du sport. Le sulfureux Dr Eufemiano Fuentes peut se vanter d'avoir travaillé aux côtés de nombreuses stars du sport mondial, et notamment beaucoup de coureurs cyclistes. On a même donné un nom à ce scandale mondial : "Opération Puerto".

Le tribunal de Madrid l'a condamné mardi à une peine d'un an de prison, pour violation des règles de santé publique, en clair pour avoir mis en danger la santé de ses clients. Le Dr Fuentes, 57 ans, est également interdit de pratique de la médecine sportive pendant quatre ans. Deux ans de prison avaient été requis à son encontre lors du procès en début d'année. Le préparateur physique Ignacio Labarta a lui écopé de quatre mois.Mais aucun des deux n'ira en prison.

Une liste de clients impressionnante

Les trois autres accusés dans ce dossier, dont l'ancien directeur sportif des équipes cyclistes ONCE et Liberty Seguros Manolo Saiz, ont été acquittés.

"L'opération Puerto est terminée. J'espère qu'on ne m'en parlera plus jamais" (Manolo Saiz, après le verdict)

La liste des coureurs concernés par l'affaire, certains clients du Dr Fuentes, est éloquente : Ivan Basso, Santiago Botero, Tyler Hamilton, Jan Ullrich, Michele Scarponi ou encore Alejandro Valverde ont été inquiétés à un moment par la justice. Tous n'ont pas avoué.

Mais les liens du Dr Fuentes avec le sport s'étireraient également dans le milieu du football et du tennis.

Rendez-vous manqué

En revanche, le verdict n'ouvre pas la voie à un grand déballage sur la place publique. La justice a en effet interdit à l'Agence mondiale antidopage (AMA), l'Union cycliste internationale (UCI), la Fédération espagnole de cyclisme et le Comité olympique italien l'accès aux 211 poches de sang, destinées à des transfusions, et autres stéroïdes anabolisants retrouvés chez le Dr Fuentes en 2006 lors d'une perquisition. Ces preuves, que les différentes instances internationales espéraient pouvoir croiser pour dresser une liste de tricheurs, pourraient même carrément être détruites.

Les commentaires après ce verdict a minima montrent une certaine déception. Face au plus grand scandale de dopage sportif de l'histoire, la justice espagnole aurait pu frapper fort, et laver le sport espagnol de tous les soupçons qui l'accompagnent depuis de nombreuses années. Mais sans déballage, sans nom lâché au cours des débats, et sans peine sévère, il s'agit certainement d'un rendez-vous manqué.

Jesus Manzano, ex-coureur de l'équipe Kelme, venu témoigner lors du procès, n'a pu que rendre compte de ses regrets au journal AS, à la fin des débats :

"L'Espagne a ce qu'elle mérite. Quand le CIO vient, nous nous la jouons, mais nous ne sommes pas capables de faire le ménage [...]"