Cyclisme : place à la course aux déchets pour les organisateurs

Le règlement a changé ce mois-ci pour les coureurs cyclistes avec l'interdiction faite par l'Union cycliste internationale de jeter leurs bidons, même quand c'est pour les spectateurs. Les organisateurs doivent eux aussi s'adapter aux nouvelles normes environnementales.

Article rédigé par
Fanny Lechevestrier - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Les coureurs cyclistes ont désormais l'interdiction de jeter leurs bidons (illustration). (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

La question de la collecte des déchets arrive désormais tout en haut du cahier des charges des courses cyclistes, explique Romain Caubin, à la tête de la Route d'Occitanie. "Les élus maintenant nous interrogent systématiquement sur nos actions environnementales. Et en fait, ce qui ressort pour des gens qui ne sont pas initiés au vélo, c’est cette image du coureur qui jette, c’est dramatique", déplore l’organisateur. 

"Quand on est dans les gorges du Tarn, qu’il n’y a personne, que ça roule à 60 à l’heure et qu’il y a des bidons qui partent du milieu du peloton pour se retrouver dans la rivière, c’est problématique, convient-il. Donc à ce titre-là, le nouveau règlement de l’UCI, nous l’avons perçu comme une bonne nouvelle." 

Des moyens importants à mettre en place

Le nouveau règlement prévoit depuis cette saison la mise en place de zones de délestage des déchets tous les 40 kilomètres minimum. Si Romain Caubin applaudit les directives, il reconnaît que c'est un coût supplémentaire notamment pour des courses bénévoles. "On ne l’a pas chiffré parce qu’on ne sait pas encore comment l’organiser. On espère trouver un partenaire là-dessus, une entreprise de nettoyage. Mais effectivement, ça va être des moyens importants puisqu’on a des étapes qui vont faire 200 kilomètres, ça veut dire quatre ou cinq zones de collecte.  Donc il faut autant d’équipes dédiées au ramassage parce qu’il faut que ce soit ramassé dans la foulée du passage des coureurs sinon ça n’a pas d’intérêt."

Pierre-Maurice Courtade, avec un de ses partenaires privés spécialisé dans la propreté, a lui testé le dispositif dès le mois de mars sur le Tour de la Provence. Il avait fait installer des filets d'olives pour que rien ne soit jeté sur la route.

"C’est une vraie problématique parce qu’on a vu qu’avec le masque porté sur le départ, il y a de nouveaux déchets qui arrivent aussi sur les courses de vélos."

Pierre-Maurice Courtade, coorganisateur du Tour de la Provence

à franceinfo

"On a eu ce problème le premier jour où on avait mis deux bacs mais les coureurs ne les avaient pas forcément respectés, explique Pierre-Maurice Courtade. On avait ramassé des masques après, mais là on parle d’une symbolique. Parce qu’aujourd’hui, les peut-être quatre bidons que personne ne ramassera sur une étape, ça n’équivaut même pas aux 6 000 kilomètres qu’un camion peut produire pour aller sur une course. Il y a un barnum qui se fait autour du vélo qui, depuis les dix dernières années, a énormément grossi. À nous d’essayer d’y réfléchir."

Prêt à sacrifier, ajoute-t-il, une soirée de gala pour mettre plus d'argent dans l'innovation écologique. En revanche, comme pour Romain Caubin et la Route d'Occitanie, il réclame encore un assouplissement de la règle pour les bidons envoyés aux spectateurs. Une nécessité pour que la passion, insiste-t-il, reste le moteur principal des courses cyclistes.

Cyclisme : la course aux déchets - Reportage de Fanny Lechevestrier
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