Crise du Vélib’ : "C'est très clairement l'opérateur qui est incapable"

Depuis le changement de concessionnaire en charge des vélos en libre service à Paris, les problèmes se multiplient : absence de vélos, bugs sur les nouveaux modèles. L'association Paris en selle dénonce la gestion par Smovengo.

Photo d\'illustration.
Photo d'illustration. (LEON TANGUY / MAXPPP)

Après un succès de plusieurs années, les vélos en libre service à Paris, les Vélib', sont en pleine crise. Près de quatre mois après le changement de concessionnaire les usagers rencontrent des difficultés pour prendre des vélos, en trouver, et surtout obtenir un deux-roues qui fonctionne. C'est la société Smovengo, basée à Montpellier, qui a repris le marché auparavant géré par JCDecaux. Une partie des salariés de l'entreprise Smovengo sont par ailleurs en grève depuis plusieurs semaines pour demander une revalorisation de leurs salaires. Pour Simon Labouret, porte-parole de l'association d'usagers Paris en selle, c'est clairement le concessionnaire qui est en cause dans ce "ratage complet".

franceinfo : Qui est responsable de cette crise du Vélib’ ?

Simon Labouret : C’est très clairement l’opérateur qui est incapable de mettre en œuvre sa solution industrielle depuis le 1er janvier, avec une multiplication des bugs et des retards sur l’installation des stations. De l’application aux boîtiers, en passant par les stations, on a tous les éléments du Vélib’ qui ne fonctionnent pas. C’est vraiment un ratage total.

Smovengo est-il à la hauteur ?

Les faits sont là. Ils ont remporté le marché avec une promesse intéressante : un service de qualité, de meilleurs vélos. Mais aujourd’hui, ces promesses ne sont pas remplies. On est très loin de cela. On ne voit pas le bout du tunnel, c’est inquiétant.

Selon vous, de quelle façon cette affaire va-t-elle évoluer ?

On nous explique que c’est un problème de travaux publics, de connexion au réseau électrique parisien. Or, tout ce qu’on observe depuis quelques mois, c’est que ça va bien au-delà de ça. Il y a des bugs informatiques sur l’application, sur les communications entre les vélos et les bornes. On apprend que les vélos mécaniques, ceux qui ne sont pas électriques, ont un boîtier qui se décharge tout seul et qui ne se recharge que par la dynamo. C’est-à-dire que ces vélos doivent être empruntés régulièrement pour se recharger et fonctionner. Si un vélo est boudé un certain temps, il ne fonctionnera plus et sera enlevé par un agent de maintenance. On a tout un système qui présente des problèmes, des malfaçons, une mauvaise conception. C’est inquiétant car le mal est assez important et vissé au cœur du système.

Y-a-t-il possibilité de changer d’opérateur ?

C’est une possibilité, un plan B qui serait assez diabolique. Cela impliquerait de casser le contrat en cours. D’autre part, cela impliquerait également un temps de latence avec un nouveau marché à mettre en place qui prendrait beaucoup de temps. Cela signifierait que Vélib’ serait encore indisponible de nombreux mois. L’urgence aujourd’hui est de rétablir le système, car lorsque Vélib’ fonctionnait, c’était un tiers des vélos en circulation à Paris. L’objectif de la mairie de Paris, au cours de son mandat, est de multiplier par deux le nombre de déplacements à Paris à vélo. Sans Vélib’, c’est impossible.