Comment va Michael Schumacher, un mois après son accident ?

Le champion de F1 est dans le coma depuis près d'un mois. Les chances de le voir se réveiller s'amenuisent chaque jour.

Le champion de F1 Michael Schumacher, le 24 mars 2011 à Melbourne (Australie).
Le champion de F1 Michael Schumacher, le 24 mars 2011 à Melbourne (Australie). (SCOTT WENSLEY / REUTERS)

Quatre semaines après son accident de ski, dimanche 29 décembre, Michael Schumacher reste plongé dans un coma artificiel. Si son état de santé est jugé "critique mais stable" par les médecins du CHU de Grenoble, selon sa porte-parole, il ne s'améliore pas non plus. Pourra-t-on le revoir bien portant ? Ou le champion de Formule 1 est-il condamné ? En attendant les nouvelles précisions du procureur, qui doit s'exprimer la semaine prochaine à propos de l'enquête sur les circonstances de l'accident, voici quelques éléments de réponse sur la santé de "Schumi".

"Lésions crâniennes diffuses"

Michael Schumacher a subi deux opérations chirurgicales destinées à réduire la pression du sang dans sa boîte crânienne. Il souffre toujours de "lésions crâniennes diffuses et sérieuses", c'est-à-dire d'hémorragies. Très peu d'informations fiables sont disponibles ; le professeur Gérard Saillant, proche du champion, a ainsi dû démentir récemment la rumeur ("complètement fausse") selon laquelle le pilote aurait été placé en phase de réveil progressif. Deux membres du service de sécurité montent la garde devant la chambre du 5e étage du bâtiment du CHU de Grenoble, où il se trouve. "Chaque jour, le personnel médical reçoit un e-mail interne rappelant qu'il est tenu au respect du secret médical", croit savoir le Journal du dimanche

Sur son blog (lien en anglais), le Dr Gary Hartstein, ancien délégué médical de la FIA (Fédération internationale automobile), "relève plusieurs éléments positifs, notamment qu’un hématome à droite avait été enlevé avec succès après une deuxième intervention chirurgicale", note Le Figaro.fr. "Malheureusement, d'autres hématomes semblaient persister, à gauche mais aussi au centre du cerveau. Or cette dernière zone est extrêmement importante : elle gère notamment la conscience, le ressenti, le contrôle de la pression du sang, la respiration ou la déglutition." 

Un coma artificiel qui s'éternise

Le coma artificiel permet de mettre au repos le cerveau et de contrôler la pression intracrânienne, pour permettre sa bonne oxygénation. "C'est nécessaire car si la pression intracrânienne égale ou dépasse la pression artérielle, le sang ne peut plus pénétrer dans le crâne, le cerveau n'est plus irrigué et l'on risque par conséquent la mort cérébrale", analyse pour DHnet.be Jacques Brotchi, chef de service honoraire à l'hôpital Erasme de Bruxelles (Belgique). Mais la durée du coma de Schumacher n'a rien de rassurant. "Plus le coma est prolongé, plus la situation est préoccupante", explique au JDD Stéphane Palfi, chef du service de neurochirurgie à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne). 

"De ma propre expérience dans des cas similaires, lorsqu'on a pu lever le coma après une semaine, on obtenait de bons résultats et nombre de malades pouvaient bien se réveiller, poursuit Jacques Brotchi. Par contre, quand on a dû maintenir le coma durant deux ou trois semaines, nous avons eu des déceptions, des malades qui ne se réveillent pas du tout, à peine un bref instant ou émergent dans un piteux état... On prévient alors la famille des risques multiples – notamment d'infections – et on fait comprendre aux proches qu'on est dans une situation sans issue, qu'il est peut-être temps d'abandonner la bataille."

Les conclusions de Gary Hartstein sont pessimistes : "Il est extrêmement peu probable (et honnêtement impossible virtuellement) que le Michael que l'on connaissait avant l’accident revienne." Si la pression sanguine dans le cerveau de "Schumi" devait se stabiliser et qu'il arrivait à se réveiller, des séquelles seraient donc à envisager sérieusement.

Le Pr Brotchi nuance toutefois : "Schumacher est un grand sportif qui dispose d'une condition physique exceptionnelle, sans laquelle son corps et tout son organisme n'auraient pu résister depuis tout ce temps."