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Le traitement médiatique du sport féminin subit "un déséquilibre réel", regrette la basketteuse Emmeline Ndongue

Alors que se tient ce week-end "Sport féminin toujours", dont Radio France est partenaire, l'ancienne basketteuse Emmeline Ndongue regrette samedi sur franceinfo que le sport féminin soit toujours aussi peu exposé.

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Radio France
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Emmeline Ndongue (à droite) lors des Jeux olympiques de Londres en 2012. (TIMOTHY A. CLARY / AFP)

Pour la cinquième année consécutive, Radio France se mobilise pour le sport féminin et soutient "Sport féminin toujours", un événement initié par le CSA et qui se déroule ce week-end. L’objectif est d'inciter les chaînes de télévision et les radios à proposer durant 48 heures des reportages, des retransmissions pour mettre en lumière le sport féminin.

Emmeline Ndongue, ancienne basketteuse internationale, vice-championne olympique à Londres en 2012 et ambassadrice "éducation" pour les Jeux de Paris de 2024, a regretté samedi 10 février sur franceinfo que la retransmission du sport féminin soit toujours.

franceinfo : N’est-ce pas dommage de devoir encore aujourd’hui promouvoir le sport féminin ?

Emmeline Ndongue : C’est dommage effectivement. Et c’est dommage parce que ce déséquilibre existe et il est réel. On voit beaucoup plus de sports pratiqués par des hommes que des sports pratiqués par des femmes à la télévision ou en presse écrite. Si on prend le premier quotidien sportif, c’est criant. Sur les ondes radio c’est exactement la même chose. Le sport pratiqué par les femmes, malgré d’excellents résultats des équipes nationales, est toujours derrière le sport masculin.

Vous-même quand vous étiez basketteuse, aviez-vous l’impression de n’exister que pour un public composé de fans de basket ?

Bien sûr qu’on le ressentait. On le ressent quand on fait un bon résultat et que derrière des gars font un résultat qui est moins bon que le nôtre, mais parce que ce sont des gars, ils ont une plus forte exposition. Maintenant c’est un constat qui est réel mais qui, petit à petit, est en train de changer. On voit des handballeuses qui sont en finales, qui sont retransmises et qui sont suivies. On voit aussi de plus en plus les nanas au foot, au rugby, au handball, au basket. Elles sont de plus en plus retransmises sur des chaînes non câblées. C’est ce qui fera aussi que le sport féminin se démocratisera et aura une plus grande exposition. On travaille à ça aussi à Paris 2024, c’est-à-dire avoir plus de mixité, plus d’exposition pour les femmes. Les enfants voient ça, ils voient les femmes qui pratiquent, ou pas. Et donc ils ont envie de pratiquer, ou pas, parce qu’ils ont des exemples.

Certains médias ne retransmettent pas plus de sport féminin parce qu’ils estiment que les résultats ne sont pas à la hauteur. Est-ce une fausse excuse ?

C’est une fausse excuse. Dans ce cas-là, je suis désolée pour les rugbymen mais on arrête de retransmettre du rugby. C’est donc bien un faux débat. D’ailleurs peu importe les résultats, les retours que l’on a montrent que le public s’attache aux équipes féminines, notamment grâce à l’accessibilité des joueuses des équipes de France. On nous dit toujours qu’il y a beaucoup plus de facilité d’aller vers les femmes. Il y a plus de proximité. Et ça c’est quelque chose qui est réel, peu importe le résultat. Ce qui compte, c’est d’aller vers une éducation du sport où l’on montre à tous des athlètes, femmes et hommes, qui se dépassent pour aller vers l’excellence.

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