"Un rayon de lumière dans une période sombre" : le sacre historique de Monaco en Eurocoupe vu par Richard Dacoury et Jacques Monclar

En remportant la première Coupe d'Europe de son histoire, le club monégasque a mis fin à 33 ans de disette française dans la compétition. Deux anciens vainqueurs de la C2, en 1988 avec Limoges, ont livré leurs impressions sur ce titre.

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France Télévisions
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Les joueurs de Monaco célèbrent leur premier titre en C2, après leur victoire face à Kazan, le 30 avril 2021. (MAKSIM BOGODVID / SPUTNIK)

La victoire de la Roca Team en finale de l'Eurocoupe face aux Russes de l'Unics Kazan, vendredi 30 avril, est historique. Aussi bien pour le club monégasque que pour le basket français dans son ensemble. Monaco est devenu le premier club tricolore à remporter une C2 depuis... 1988 et le CSP Limoges. En 2015 et 2017, Nanterre avait remporté la C3, puis la C4. Mais il aura fallu patienter 33 ans avant de voir un deuxième club français s'emparer du titre en C2.

En 2016, la SIG Strasbourg n'était pas parvenue à l'emporter en finale face aux Turcs du Galatasaray SK. "Historiquement, le basket français a beaucoup existé en Europe. C'était moins le cas ces dernières années. C'est un réel plaisir de revoir une équipe soulever un tel trophée", se réjouit l'ancien basketteur français Jacques Monclar, détenteur de la première C2 française avec Limoges en 1988.

Son ancien coéquipier, Richard Dacoury, fait partie des sportifs français les plus titrés, avec quatre succès en Coupe d'Europe, dont une C2 en 1988 et une C1 en 1993. Il se réjouit d'avoir enfin un successeur. Pour l'ancien ailier, cette victoire est une forme de reconnaissance du bon niveau du basket français, "même s'il y a encore des progrès à faire". Surtout, elle est synonyme d'un "rayon de lumière et d'éclaircie dans une période sombre de laquelle on a l'impression qu'on ne sortira jamais".

Richard Dacoury reconnaît également avoir été, en partie, étonné par l'ascension fulgurante de Monaco, qui évoluait encore en Nationale 2 il y a à peine dix ans : "C'est une très belle surprise et un énorme exploit de s'être imposé sur le terrain de l'adversaire, surtout à Kazan. Mais lorsqu'on observe en détails l’effectif, ainsi que l’encadrement, on se rend compte que cette équipe est intelligemment montée et construite. Elle est première du championnat, en s'appuyant sur la meilleure défense et une attaque performante. Le coach Zvezdan Mitrovic a réalisé un très gros travail."

Des infrastructures inadaptées

Grâce à son parcours, Monaco rejoindra l'Asvel en Euroligue (C1) dès la saison prochaine. Le défi est de taille pour la Roca Team. Cette saison, l'Asvel affiche un bilan de 13 succès pour 21 défaites, soit 38% de victoires, et une 14e place au classement de la compétition reine.

Alors, les équipes françaises ont-elles le niveau, et surtout les moyens, de rivaliser avec les plus grands clubs européens ? Jacques Monclar est optimiste : "Avoir deux équipes en Euroligue l'année prochaine est un vrai plus pour le basket tricolore. On verra comment ça va se passer au niveau du recrutement pour le club du Rocher. Y jouer est plutôt agréable. Le fait de participer à l'Euroligue peut attirer des joueurs qui sont à la recherche de stabilité et d'un club sérieux et ambitieux.

Il nuance toutefois son propos : "La France a un déficit d'infrastructures dommageable aux clubs. Par exemple, Monaco n'a pas de salle validée par l'Euroligue. Avec ses 3 000 places, la salle Gaston-Médecin est trop petite. Il en faut minimum 5 000. À voir comment ils vont organiser tout ça."

Se maintenir au plus haut niveau

Richard Dacoury n'a pas peur de le dire : pour lui, les clubs français sont encore bien loin de pouvoir rivaliser avec les plus grands. La faute au manque de structuration et de financement, comparé à leurs adversaires européens. "Villeurbanne a fait illusion au début de l'Euroligue, mais ça a été compliqué de tenir ce niveau sur la durée. Pour travailler là-dessus, il faut un effectif plus dense, avec des remplaçants capables de maintenir l'intensité à la fois offensive et défensive pendant toute la durée du match. C'est réalisable, mais il faut trouver des moyens."

L'ancien ailier insiste : le plus grand exploit que peut réussir un club est de parvenir à se maintenir au plus haut niveau. "Cela me rappelle Limoges à la fin des années 80-début des années 90. Le club a réalisé une ascension fulgurante, avec un effectif savamment construit et des résultats qui ont très rapidement suivi", se souvient-il.

"Je souhaite à Monaco le même parcours, de profiter de ce formidable tremplin pour se structurer, se renforcer et de confirmer au plus haut niveau."

Richard Dacoury

à franceinfo sport

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