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Euroligue : pourquoi la qualification de Monaco en demi-finales serait un événement pour tout le basket français

La Roca Team reçoit le Maccabi Tel-Aviv mercredi pour le cinquième et dernier match des quarts de finale de la compétition, avec à la clé un billet pour le Final Four.
Article rédigé par franceinfo: sport, Loris Belin
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 4 min
L'international français monégasque Elie Okobo prend sa chance à mi-distance contre le Maccabi Tel-Aviv, le 25 mars 2023. (DYLAN MEIFFRET / MAXPPP)

Quarante minutes pour une immense performance. Voila le défi qui attend l'AS Monaco dans sa quête de gloire européenne. La formation de la Principauté joue sa place dans le dernier carré de l'Euroligue, la plus prestigieuse des compétitions continentales, dans un match décisif, mercredi 10 mai (20 heures). Après les quatre premiers matchs, la Roca Team et le Maccabi Tel-Aviv sont dos à dos (2-2).

La cinquième et ultime manche décisive, disputée sur le Rocher, peut installer un peu plus Monaco sur l'échiquier européen. Et cimenter un peu plus toute son importance pour le basket français, qui se désespérait de telles performances.

Parce que ce n'est pas arrivé depuis 26 ans

Vingt-deux éditions du Final Four, huit pays, 18 clubs représentés et pas le moindre signe d'un drapeau bleu-blanc-rouge : les clubs de basket tricolores sont les parents pauvres des hautes sphères continentales depuis le début du siècle.

Il faut remonter à 1997, et l'Asvel - finalement 4e - pour retrouver la trace d'un aussi long parcours dans l'élite des compétitions européennes. "J'ai commenté ce Final Four en 97 avec Villeurbanne, mais également les années noires où on faisait des résultats minables, on était toujours en queue de classement, se remémore pour franceinfo: sport George Eddy. C'était assez pénible de ne jamais avoir une victoire à se mettre sous la dent."

Rares ont été les équipes françaises capables depuis de se hisser dans le haut du panier du basket européen, au point de ne plus avoir du tout de représentant en Euroligue entre 2017 et 2019. Les espoirs de retrouver en Monaco une équipe compétitive en Europe sont forcément grands.

Parce que le titre ne serait pas inaccessible

La Roca Team a beau avoir été poussée au cinquième match, et corrigée lors de la dernière rencontre dans le chaudron israélien (104-69), elle n'abordera pas la rencontre dans la position du petit face au géant.

Les Monégasques ont conclu la saison régulière avec un succès de plus que le Maccabi, à la 4e place du classement. Et s'ils ne possèdent pas l'historique du "club-nation" de Tel-Aviv, ils n'arrivent pas en terrain inconnu, après avoir été éliminés la saison passée au même stade, échouant d'un souffle sur le parquet d'un autre géant d'Europe, l'Olympiakos (94-88).

"Monaco a travaillé toute la saison, et bien travaillé pour avoir le droit de jouer le match le plus important dans l'histoire du club, à domicile, estime George Eddy. Ils ont 60 à 70% de chances de gagner parce qu'ils vont jouer à la maison. A Tel-Aviv, ils auraient eu 80 à 90% de chances de perdre, c'est déjà colossal ! Il n'y a aucune raison d'y aller timidement dans ce match 5. Et connaissant Monaco et le coach Sasa Obradovic qui a fait un travail fabuleux, ils vont y aller avec ambition."

D'autant que ces quarts de finale sont d'une rare densité, avec trois duels poussés au match 5. "C'est très ouvert, il y a bien six, sept candidats sérieux pour la victoire finale, dont Monaco. Et tant mieux !"

Parce que ce serait une vitrine idéale pour le championnat de France

Monaco nouveau grand d'Europe, est-ce le signe que la Betclic Elite reprend enfin de l'allure ? Le club de la Principauté avance presque masqué, l'attention de cette saison étant davantage captée par le très probable futur numéro un de la draft NBA, Victor Wembanyama.

Mais avec son budget jamais-vu dans l'histoire du basket français, l'ASM s'est placée comme la nouvelle valeur étalon aux sommets du basket tricolore. "C'est un peu comme le PSG avec la Ligue des champions en football avec ses grandes vedettes, compare George Eddy. Les autres clubs savent qu'ils ne peuvent pas copier le modèle pour des questions de moyens. Mais ils sont contents d'avoir une locomotive qui tire tout le monde vers le haut."

Car derrière, on pousse. Le Paris Basket, qui se rêve en autre futur cador du basket hexagonal, a disputé dès sa première participation les quarts de finale de l'Eurocoupe. La Ligue des champions, autre compétition qui se dispute le rang de "deuxième coupe d'Europe", a vu Strasbourg s'arrêter au même niveau. Cholet Basket a manqué le titre de la C4, la Fiba Europe Cup, pour six points en finale.

Des belles performances qui ne demandent qu'à être fructifiées. "Il y a dix, vingt ans, on nous disait que le championnat de France n'était pas assez rentable pour les télévisions parce qu'on ne fait pas de résultats en Coupe d'Europe. Maintenant, on fait ces résultats, mais il n'y a pas pour autant de l'argent qui revient aux clubs du championnat de France avec les droits TV", déplore George Eddy.

Ce match 5, diffusé en clair par La Chaîne L'Équipe peut faire "espérer un engouement supplémentaire et être une source d'espoir qui peut donner de l'envie à d'autres clubs" rêve-t-il. 

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