Début du rallye Dakar en Arabie saoudite : "Une entreprise médiatique pour redorer l'image d'un régime sanguinaire", dénonce la Fidh

La Fédération internationale pour les droits humains déplore

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Radio France
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La voiture de Sébastien Loeb pendant le prologue de l'édition 2021 du rallye Dakar. (FRANCK FIFE / AFP)

Le rallye Dakar est "une entreprise médiatique pour redorer l'image d'un régime sanguinaire", dénonce sur franceinfo samedi 2 janvier Antoine Madelin, directeur du plaidoyer à la Fédération internationale pour les droits humains. L'édition 2021 du rallye, organisée par l'entreprise française Amaury sports organisation démarre dimanche 3 janvier à Jeddah, en Arabie saoudite.

franceinfo : Pourquoi ce rallye Dakar pose-t-il problème aux défenseurs des droits humains ?

Antoine Madelin : Sous couvert d'une compétition sportive, c'est une entreprise médiatique pour redorer l'image d'un régime sanguinaire, une dictature qui fait exécuter ses journalistes, qui torture des hommes et des femmes qui demandent des réformes dans le pays. A l'image de Loujain Al-Hathloul, emprisonnée depuis deux ans pour avoir demandé le permis de conduire, qui restera en prison [condamnée le 28 décembre à cinq ans et huit mois de prison].

Ce rallye n'oblige-t-il pas le régime saoudien à faire des efforts ?

C'est ce que l'on souhaite, mais les autres femmes qui ont porté la campagne pour que les femmes puissent conduire restent en prison. On demande à ce que les organisateurs du Dakar relaient les appels à la libération des militants et militantes emprisonnés.

Vous parlez du droit des femmes de pouvoir conduire. Elles ont eu gain de cause aujourd'hui ?

Le prince MBS [Mohammed ben Salman, Prince héritier d'Arabie saoudite] a certes accordé aux femmes le droit de conduire, mais cela dans le seul but de pouvoir accueillir le rallye et d'organiser dans son pays un grand événement sportif pour s'assurer une couverture médiatique. Celles qui ont mené la campagne pour conduire ont été torturées le lendemain. C'est là qu'il y a un problème. Il faut laisser les militants agir dans cette dictature médiévale.

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