Les sept plaies du Grand Prix d'Inde

Chiens errants, brouillard, coupures de courant, attaque de chauve-souris… A deux jours du premier Grand Prix de F1 en Inde, le flambant neuf circuit de Buddh semble avoir la poisse.

Un chien court sur le circuit où va se dérouler le Grand Prix d\'Inde, le 28 octobre 2011.
Un chien court sur le circuit où va se dérouler le Grand Prix d'Inde, le 28 octobre 2011. (Toru Hanai / REUTERS)

Le tout premier Grand Prix d'Inde aura lieu dimanche 30 octobre. Enjeu de fierté nationale, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands. Mais personne n'est à l'abri d'un accident. Ou sept.

1. 30 millions d'amis sur le circuit

Lors des premiers essais libres, une centaine de chiens errants est allée voir de plus près d'où venait ce vacarme qui troublait la quiétude de la campagne indienne (le circuit international de Buddh a été construit à plus de 50 kilomètres de la capitale New Delhi).

Sauf que l'accès aux cinq kilomètres de la piste n'est pas fermé, et ces animaux pourraient bien perturber la course de dimanche. Les commissaires de piste ont paru désarmés face à cette invasion canine, et à peine moins efficaces que les stadiers qui avaient dû évacuer un chien d'un terrain de foot aux Etats-Unis en début de semaine.

Les journalistes ont aussi eu la surprise d'être accueillis par une chauve-souris dans la salle de presse, et ne doivent leur salut qu'au courage du correspondant de Press Association, qui a payé de sa personne pour chasser la bête.

2. Smog surprise

Comme c'est la première édition du Grand Prix d'Inde, les pilotes ont beaucoup travaillé sur simulateur afin de se familiariser avec le circuit. Sur leurs jeux vidéo, il fait très beau et très dégagé en Inde.

 

Dans la réalité, c'est un peu différent, car la pollution crée un brouillard permanent. Du coup, les conditions de pilotage sont un rien plus compliquées. Surtout s'il faut en plus éviter des chiens errants.

 

La Red Bull-Renault du pilote allemand Sebastian Vettel sur le circuit de Buddh, près de New Delhi, pour le Grand Prix d\'Inde, le 28 octobre 2011.
La Red Bull-Renault du pilote allemand Sebastian Vettel sur le circuit de Buddh, près de New Delhi, pour le Grand Prix d'Inde, le 28 octobre 2011. (Franck Robichon / MAXPPP)

3. Nettoyer, balayer…

On a déjà des chiens errants, du brouillard, et en plus, la piste est poussiéreuse. Normalement, on devrait voir du spectacle et des dérapages incontrôlés tant l'adhérence sur la piste s'annonce précaire. Les balayeuses font pratiquement les trois-huit pour nettoyer le circuit.

 

Le pilote Ferrari Felipe Massa se fraye un passage sur le circuit du Grand Prix d\'Inde, malgré la poussière.
Le pilote Ferrari Felipe Massa se fraye un passage sur le circuit du Grand Prix d'Inde, malgré la poussière. (Toshifumi Kitamura / AFP)

4. Des pilotes kamikazes

Le fiston du président de la Fédération indienne d'automobile est pilote de F1. Mais comme il est assez mauvais, il a rétrogradé pilote essayeur après une saison passée à emboutir les voitures de ses concurrents.

Malgré les dollars de papa, Karun Chandhok n'aura pas de volant pour son Grand Prix national. Il a tout de même tenté d'épater la galerie lors des essais et failli causer un accident avec une Williams… dans les stands. 

5. Un circuit fini à la va-vite

Martin Brundle, correspondant sport pour la BBC s'est excusé d'avance pour la course de dimanche. En effet, la cabine des commentateurs ne dispose pas de fenêtre donnant sur le circuit. Bien joué.

 

Capture d\'écran du Twitter du commentateur de la BBC Martin Brundle, qui montre la cabine des commentateurs sans fenêtres.
Capture d'écran du Twitter du commentateur de la BBC Martin Brundle, qui montre la cabine des commentateurs sans fenêtres. (@mbrundlef1 sur Twitter)

Le site ESPN relève lui des fautes d'orthographe dans le nom de plusieurs sponsors : Pirelli devient ainsi "Pirleli".

Cela dit, quand on se remémore l'état d'avancement du circuit au 1erseptembre, on se rend compte des progrès accomplis. 

 

6. Des coupures de courant

La première a eu lieu lors de la conférence de presse des pilotes, jeudi 27 octobre. Le vétéran brésilien Rubens Barrichello vantait le mérite des organisateurs d'avoir tenu les délais sans incidents notables, quand tout le monde s'est retrouvé dans le noir. D'après RFI, une pénurie de charbon expliquerait ces coupures d'électricité.

7. Bison Futé voit rouge

Pour faciliter l'accès au circuit, le gouvernement indien a remplacé la vieille nationale défoncée par une autoroute flambant neuve. Sage initiative, si ce n'est le mur de parpaings qui barre la route et dont la minuscule ouverture étrangle la circulation.

"Je n’ose pas imaginer la tronche de l’embouteillage si des milliers de voitures se pointent à ce 'check point' à partir de demain" , ironise Lionel Froissart, le spécialiste F1 de Libération. Sachant que plus de 80 000 billets ont été vendus pour la course de dimanche…

 

Espérons enfin que les paysans expropriés pour la construction du circuit international de Buddh, qui campent à ses abords en signe de protestation, n'ont pas l'intention d'aggraver le chaos ambiant en venant manifester sur la piste au milieu des chiens, du brouillard, et des pilotes casse-cou.