GP d'Italie au Mugello : Valentino Rossi en queue de peloton, c’est grave docteur ?

Absent du top 10 lors des quatre premières courses de la saison en MotoGP, la légende italienne a perdu de sa superbe.

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Valentino Rossi (Yamaha Petronas) a perdu de sa superbe en quelques saisons. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Mais où est passé Valentino Rossi ? Le nonuple champion du monde, qui dispute à partir de vendredi 28 mai son Grand Prix national au Mugello, ne joue plus dans la cour des prétendants au titre, ni même dans celle des pilotes à la lutte pour le top 5 en course. Le "Doctor" vit la pire saison de son immense carrière en MotoGP et pourrait décider de tirer sa révérence en fin d'année, à 42 ans.

Que les fans se rassurent : il y aura bien une vie sur deux roues après Valentino Rossi. La peur de l'après-Docteur a longtemps agité le monde de la moto et la Dorna, le promoteur des championnats du monde de vitesse. Cette crainte en salle de réveil n'existe plus. Toujours en activité, la légende italienne ne joue plus qu'un rôle de figurant derrière une nouvelle génération de pilotes spectaculaires et gonflés aux airbags.

Sur le déclin depuis la saison 2018, sa dernière sur le podium final du championnat (3e), Rossi traverse le présent exercice comme un fantôme. Au crépuscule de sa vie de motard, jamais le champion italien n'avait paru aussi loin de ses standards et ses courses au scalpel.

Compteur bloqué à 115 victoires

Neuvième du classement mondial après quatre courses, l'Italien n'affiche qu'une modeste 11e place au GP de France en haut de ses résultats. "Quand on est lent, ça n'est pas très drôle", a-t-il fini par reconnaître entre le circuit Bugatti au Mans et le bitume du Mugello qu'il retrouve vendredi.

L'Italien s'est fait une raison : il ne peut plus briguer la victoire et terminer sa chasse au record de Giacomo Agostini (123 succès en GP). Rossi devrait rester là, bloqué à 115 victoires et neuf titres mondiaux, dont sept en catégorie reine. "Repu de succès", le pilote Yamaha continue de rouler pour le plaisir. "Il a encore du mal à s'imaginer ailleurs", explique Michel Turco, journaliste de référence du MotoGP pour Moto Revue et auteur de la biographie Rossi, la légende.

C'est un junkie qui a sa dose tous les dimanches. Il est toujours adulé, il fait ce qu'il aime faire, ce n'est pas facile de s'arrêter."

Michel Turco (Moto Revue)

à franceinfo: sport

Pendant plus d'une décennie, Rossi a mis tout le monde d'accord sur les circuits et en dehors, réussissant l'exploit de placer Tavullia, son fief de 8 000 âmes, sur la carte de l'Italie. De l'autre côté des Alpes, rien n'a changé. "Vale" reste l'idole d'un peuple. Une icône qui émerveille toujours les fans et qu'on n'attaque pas.

En piste, Rossi a toujours le respect des ses pairs mais il ne fait plus peur. Avec l'arrivée des Quartararo, Mir ou autres Bagnaia, le MotoGP a fait un bond en avant. Plus physique, la catégorie reine s'avère exigeante avec ses pilotes. "Si perte de niveau il y a, ce n'est pas parce que son talent s'est érodé", analyse Michel Turco. "À Jerez, Rossi a fait à peu près le même temps de course que la saison dernière quand les autres ont amélioré leur temps de 17 secondes." 

A 42 ans, l'Italien peine à bouger son 1,81 m sur sa Yamaha, alors que l'agilité reste un facteur déterminant pour placer son corps sur la moto à haute vitesse. "Inconsciemment, tu en veux moins et physiquement, ces motos toujours plus puissantes t‘en demandent beaucoup plus", ajoute Turco. "On ne parle que de dixièmes perdus, pas de seconde, mais il ne peut pas les rattraper en prenant les risques d'un gamin qui n'a jamais été champion du monde. Un Quartararo ou un Mir, ils veulent tout bouffer."

Quatre courses pour se décider

Ces deux ou trois dixièmes de retard, Rossi essaye de les compenser dans le réglage de sa M1 d'usine ou en multipliant les courses de Dirt Track dans son ranch. Pilote le plus assidu en essais libres, le n°46 balaye les solutions techniques pour régler son problème de grip mais "finit par tourner en rond". Sans pression avec son statut de pilote indépendant chez Yamaha Petronas, l'Italien ne dispose plus d'une armée d'ingénieurs pour l'aider dans ses choix et assiste de loin aux récitals du Français Fabio Quartararo sur la même machine.

Reste donc le plaisir du dimanche, mais jusqu'à quand ? Sans victoire depuis 2017 et avec un seul podium sur ses 32 dernières courses, Rossi hésite encore sur la suite à donner à sa carrière. "J'essayerai d'être là en 2022", déclarait-il à Trans7, un média indonésien, ces derniers jours. Il devrait profiter de la pause estivale pour analyser son début de saison et prendre sa décision. "Il est face à un mur", précise Michel Turco. "À quel moment il se dira : 'C'est bon, j'arrête ?'"

Il lui reste quatre manches (Italie, Catalogne, Allemagne, Pays-Bas) pour retrouver le mojo. "S'il fait deux-trois courses dans les 5e-7e places, ça peut lui donner envie de continuer." Quoi qu'il décide, Rossi ne rangera pas le casque pour autant. Au Mans, il a déjà annoncé son intention de disputer les 24 Heures en auto. Chouchouté par Ferrari, qui fera son retour officiel en endurance partir de 2023, le Docteur ne restera pas longtemps en salle d'attente.

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