Guerre en Ukraine : comment Renault limite la casse en cédant ses actifs en Russie

Dans un communiqué lundi, le directeur général de Renault annonce que les actifs russes de l'entreprise étaient désormais la propriété de l'État russe. On vous explique pourquoi ce retrait négocié permet au constructeur de limiter la casse.

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Radio France
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Renault a annoncé céder ses actifs russes à un institut public du pays. (PHOTO D'ILLUSTRATION/PHOTOXPRESS/MAXPPP)

Les activités du groupe en Russie étaient déjà suspendues depuis quelques semaines, le retrait est désormais officiel. Par l'intermédiaire d'un communiqué lundi 16 mai, le constructeur automobile français Renault a annoncé céder ses actifs russes à l'État russe. Concrètement, Renault cède sa participation dans le groupe AvtoVAZ, qui fabrique les voitures de marque Lada, à un institut public du pays. 

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L'annonce n'est pas vraiment une surprise. Elle n'est pas non plus véritablement une bonne nouvelle pour Renault. Le constructeur avait misé de longue date sur la Russie, son deuxième marché mondial après l'Europe, avec près de 500 000 véhicules vendus l'an passé.

"C'est plutôt un bon deal" 

L'annonce est cependant largement anticipée. Concrètement, Renault avait provisionné 2,2 milliards d'euros dans ses comptes fin mars, soit la valeur estimée de sa participation dans AvtoVAZ, dont il n'espérait tirer aucune indemnisation. Selon nos informations, l'accord de cession finalement conclu avec les autorités russes se fait d'ailleurs pour un rouble symbolique. Avec toutefois une clause favorable au groupe français : Renault conserve en effet la possibilité de reprendre le contrôle d'AvtoVAZ pendant six ans, en 2028, si le contexte est plus favorable à un retour dans les mois ou années à venir.

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En attendant, le constructeur limite la casse. Les usines du groupe en Russie étaient déjà à l'arrêt, faute de pièces, et indemniser ses 45 000 salariés sur place lui coûtait chaque mois des dizaines de millions d'euros. "C'est plutôt un bon deal étant donné les circonstances", veut donc croire un acteur du dossier, proche du constructeur français.

Des finances fragiles ?

Cependant, Renault semble fragile financièrement. Depuis un an, le cours de son action a perdu 30% à la Bourse de Paris. Sa capitalisation totale, c'est-à-dire sa valeur en tant qu'entreprise, est aujourd'hui inférieure à 7 milliards d'euros. À titre de comparaison, celle de Stellantis, l'ancien PSA allié à Fiat, dépasse les 45 milliards. 

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Une capitalisation totale insuffisante, aux yeux de nombreux experts automobiles, pour supporter le coût énorme de la révolution énergétique du secteur ainsi que le passage à horizon 2030 à une gamme 100% électrique en Europe. D'où le projet de scission de ses activités entre un pôle électrique localisé en France et un pôle thermique pour les voitures essence et diesel.

Cela permettra sans doute de lever des fonds et de développer comme prévu l'activité électrique. Sachant que Renault a déjà lancé la construction de giga factories, des méga usines, de batteries, notamment à Douai, dans le Nord. En cherchant à reduire au maximum les coûts de fabrication de ses voitures et à augmenter ses marges.

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