GP d'Espagne : entre Fabio Quartararo et Jerez, une vieille histoire d'amour

Le pilote français, qui a signé une nouvelle pole position sur le circuit andalou samedi, va tenter de briller à nouveau dimanche en course, dans un pays avec lequel sa filiation est immense.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Le pilote français Fabio Quartararo tout sourire après sa nouvelle pole position sur le circuit de Jerez, à l'occasion du Grand Prix d'Espagne, samedi 1er mai 2021. (GIGI SOLDANO / DPPI / AFP)

Entre "El Diablo" et l'Espagne, c'est une histoire d'ado. Quartararo est un gamin surdoué au guidon, comme rarement les catégories de jeunes en France en ont connu. L'Hexagone se fait vite trop peu compétitif, trop étriqué. Pour faire germer les graines de champion de moto, l'Espagne devient vite un passage obligatoire. De Nice, son père l'emmène régulièrement de l'autre côté de la frontière, pour qu'il puisse trouver des adversaires à sa mesure.

"C'était minimum 1 200 km aller-retour", a confié Quartararo à l'AFP en février, avant le début de la saison. "Ce sont les meilleurs souvenirs, c'était de l'amusement, on ne pensait à rien d'autre. J'allais jouer avec mes copains et quand c'était l'heure de faire de la moto, je faisais de la moto. Il n'y avait aucun stress, c'était un amusement pur."

Aucun stress peut-être, mais déjà des résultats. Dès ses premiers tours de roue, le talent du jeune homme crève les yeux. À 13 ans, il est déjà triple champion d'Espagne (en 70, 80 puis 125 cm³) et se fait repérer. Il quitte le cocon familial à plein temps, direction la Costa Blanca et le Sud-Est espagnol.

Juan Borja, manager de l'écurie Wild Wolf, pensionnaire du relevé championnat d'Espagne de vitesse (CEV), flaire la pépite. Quartararo (s')éclate face à des pilotes pourtant, pour certains, bien plus âgés. "Quand on a entre 13 et 16 ans, c'est là qu'on s'amuse le plus. Moi, c'est là que j'ai pris le plus de maturité", sourit le pilote français.

Made in Spain

Le CEV est équivalent au niveau de la Moto3, la troisième division du championnat du monde de moto. Quartararo s'y sent vite comme un poisson dans l'eau. Il devient le plus jeune champion de la division de l'histoire (le deuxième non-Espagnol), décrochant le titre dès ses deux premières saisons. Et encore, s'il redouble dans la catégorie, c'est uniquement par contrainte.

Le talent n'attend pas les années, mais le règlement de la Moto3 impose un peu de patience pour changer de catégorie. Tout du moins à cette époque. L'exemple de Fabio Quartararo a ensuite poussé les instances à modifier leurs directives, offrant au champion CEV une place en Moto3. Après l'Espagne, "El Diablo" peut désormais s'attaquer au monde entier.

Le prodige est fier d'être celui que la moto tricolore attendait depuis si longtemps : un cador capable de décrocher régulièrement la victoire, voire d'espérer être le premier champion MotoGP français de l'histoire. Il n'en oublie pas pour autant son fort attachement à son pays d'adoption. Quartararo décroche d'ailleurs sa première victoire en championnat du monde lors du Grand Prix de Catalogne 2018, en Moto2. Dans une année par ailleurs sans coup d'éclat.

Un circuit symbolique

Passé chez les "grands" du MotoGP en 2019 avec un statut à confirmer (après des saisons mitigées dans les catégories inférieures), il éblouit rapidement le paddock en signant plusieurs podiums et en tenant parfois tête au maître de la discipline, l'Espagnol Marc Marquez. Mais, Quartararo doit attendre la saison 2020 pour signer enfin ses premiers succès dans la catégorie reine.

Et, c'est évidemment à Jerez que ça se passe, lors des deux premiers Grands Prix d'une saison si particulière (disputés en juillet, crise sanitaire oblige), où il s'impose coup sur coup et se positionne comme un prétendant au titre mondial. Ce même circuit, où il avait disputé – et remporté – sa toute première manche en CEV. Là, où il espèrera signer un triplé, dimanche 2 mai, alors qu'il domine le début de saison 2021, notamment après avoir remporté les deux derniers Grands Prix, à Doha et au Portugal.

Le pilote français Fabio Quartararo de l'équipe Petronas Yamaha SRT, célèbre sur le podium sa victoire au Grand Prix d'Espagne en MotoGP sur le circuit de Jerez-de-la-Frontera en Espagne, le 19 juillet 2020. (JAVIER SORIANO / AFP)

À Jerez, "le plus beau jour de sa vie"

"Je suis impatient de courir à Jerez ce week-end", a expliqué le pilote Yamaha au site officiel du championnat du monde. "Nous commençons ce GP avec beaucoup de confiance. L’année dernière, j’ai remporté les deux courses sur ce circuit."

"Cette année, je commence le GP d’Espagne en ayant gagné les deux courses précédentes. Bien sûr, on ne sait jamais ce qui peut arriver en MotoGP, mais je me sens bien en ce moment, donc nous allons encore faire de notre mieux !"

Fabio Quartararo

au site officiel du championnat du monde

Leader du championnat du monde après son très bon début de saison, Quartararo, qui s'élancera en pole position pour la quatrième fois sur ce tracé qui lui convient si bien, partira légitimement favori dimanche 2 mai sur un circuit qu'il maîtrise parfaitement et au guidon d'une Yamaha taillée idéalement pour Jerez.

Il y avait vécu l'été dernier "le plus beau jour de sa vie", de son propre aveu. En 2021, il pourrait y confirmer sa place parmi les très grands de la discipline et mettre la pression sur la concurrence en vue du sacre mondial. Un coup d'œil au calendrier et aux trois autres courses prévues sur le sol espagnol (Catalogne, Aragon, Valence) n'a pas de quoi rassurer ses rivaux. Le diablotin français n'a pas fini de "s'amuser".

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.