F1 : Sergio Pérez, le numéro 2 qui challenge Red Bull et Max Verstappen

Coéquipier de Max Verstappen au sein de l'écurie autrichienne, Sergio Pérez s'affirme cette saison comme un candidat sérieux pour la victoire en course. Il pourrait rebattre les cartes de la gestion des pilotes chez Red Bull dès dimanche en Grande-Bretagne.

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France Télévisions
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Le pilote mexicain Sergio Pérez avant les essais libres à Silverstone, le 1er juillet 2022, au Grand Prix de F1 de Grande-Bretagne. (JOSE BRETON / NURPHOTO / AFP)

L'autre tube des circuits de Formule 1 en 2022, c'est lui. Derrière le champion du monde en titre, Max Verstappen, son coéquipier Sergio Pérez est celui qui réalise la première partie de saison la plus aboutie. Alors que le paddock court à Silverstone (Grande-Bretagne), dimanche 3 juillet, pour la 10e manche de la saison, le Mexicain pointe à la deuxième place du classement des pilotes avec 129 points (à 46 longueurs de Verstappen), une victoire et cinq podiums.

Ce bon début d'exercice n'étonne pas Cyril Abiteboul, ancien patron de l'écurie Renault : "C'est un pilote qui a beaucoup d'expérience, avec plus de 200 courses à son actif, qui sait être stable et constant dans un environnement où il se sent bien." A 32 ans, Pérez dispute sa 12e saison dans la catégorie reine, où il montre toute sa justesse en piste et son agressivité. "Je l'ai toujours trouvé très solide, très propre, et aujourd'hui ça paye", appuie Cyril Abiteboul.

D'équipier modèle à candidat pour la victoire

En 2021, pour son premier exercice dans l'écurie autrichienne, Sergio Pérez a joué jusqu'au bout son rôle d'équipier modèle, terminant quatrième du classement des pilotes. Cette année, même s'il est encore dans la position du suiveur, le Mexicain a pris une nouvelle dimension, surtout depuis sa victoire à Monaco, le 29 mai. "Il est rentré dans le club fermé des vainqueurs en principauté. Ça fait aussi partie de la magie de ce sport de conférer à certaines réalisations plus que ce qu'elles rapportent, estime Cyril Abiteboul. Le fait de gagner à Monaco avec la manière comme il l'a fait lui a donné une certaine aura."

De quoi remettre en question son statut et challenger Max Verstappen jusqu'au bout pour le titre ? Depuis six saisons, Red Bull a beaucoup roulé pour le Néerlandais, le prodige maison, qui a grandi en même temps que l'écurie, quitte à épuiser l'autre pilote. "Il n'y a pas de hiérarchie avec Max", a pourtant assuré "Checo" dans un entretien accordé à Canal+ après l'annonce de la prolongation de contrat fin mai.

Sergio Pérez (à gauche) et Max Verstappen (au centre) sur le podium du Grand Prix d'Azebaïdjan, à Baku, le 12 juin 2022. (FLORENT GOODEN via AFP)

Sur la piste, avec l'une des meilleures voitures du plateau, qui allie puissance et fiabilité depuis le début de la saison, les deux pilotes auront toutes les armes pour continuer leur bataille. "Cela va être intéressant à suivre. Une partie de tout ça est forcément dans les gants de Pérez", assure Cyril Abiteboul. 

Arbitrages individuels et ambitions d'équipe

Mais la politique et la gestion interne vont aussi s'en mêler. La situation a tout du cas d'école sur la gestion et la hiérarchie entre les pilotes au sein d'une même écurie. "La question, c'est de savoir si Red Bull va être menacé au classement constructeur, s'ils vont avoir besoin de faire des courses d'équipe, analyse Cyril Abiteboul. Soit ils seront menacés, et ils auront facilement la rationalité de donner des consignes d'équipe pour sécuriser et consolider leur première place. Soit ils ne seront pas menacés, ce qui va laisser la place pour entretenir une bataille pour le championnat des pilotes." 

Le credo collectif est précisément celui défendu par Christian Horner, le patron de l'écurie, qui met en avant l'aspect collectif. "Ils font partie d'une écurie. Ce n'est pas Sergio Pérez Racing ou Max Verstappen Racing, c'est Red Bull Racing", expliquait-il à Bloomberg le 1er juin. "Ils sont un maillon important de la chaîne, mais il est vital qu'ils aient conscience que l'ambition de l'équipe est plus grande que la leur", ajoutait-il. 

Il y a plus de dix ans, la forte rivalité entre Sebastian Vettel, devenu quadruple champion du monde, et Mark Webber, son coéquipier, avait secoué la jeune maison Red Bull, qui n'avait pas toujours su gérer la tension. L'écurie a pu en tirer des enseignements, estime l'ancien patron de Renault : "L'organisation Red Bull a gagné en maturité. Elle est mieux à même de contrôler une vraie concurrence interne". Peut-être dès ce dimanche, à Silverstone, où Verstappen et Pérez partent respectivement 2e et 4e sur la grille.

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