Formule 1 : "Je suis toujours en mission", clame Lewis Hamilton, coupant court aux rumeurs de retraite

Dans un entretien accordé au magasine Vanity Fair, le septuple champion du monde a réaffirmé une motivation intacte. A 37 ans, le Britannique a toujours envie de lutter contre les adversaires en piste et les préjugés. 

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Lewis Hamilton sur le podium du Grand Prix de France, le 2 août 2022, sur le circuit du Castellet.  (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

"Je n'ai jamais aimé que l'on me dise ce que je dois faire." En une phrase, Lewis Hamilton a posé le décor. Tout au long de l'interview accordée à Vanity Fair [article en anglais], publiée lundi 8 août, le Britannique ne va pas dévier de trajectoire. Celle d'un homme de convictions. Enfance difficile, racisme, critiques sur son mode de vie extra-sportif, sentiment d'injustice après la perte du titre mondial la saison dernière... la superstar de la F1 peut faire face à tout. Tout sauf les araignées et le trafic routier.

Lewis Hamilton a toujours détonné. De ses débuts en F1 ("J'avais le sentiment de ne pas être le bienvenu") jusqu'à aujourd'hui où son style vestimentaire fait encore parfois polémique ("Un pilote de F1 ne doit pas avoir de piercing et de personnalité ?"), il est toujours resté fidèle à sa ligne de conduite. Ainsi est l'homme de Stevenage, que sept titres de champion du monde et 103 victoires en Grand Prix ne sont pas venus corrompre. 

Battu par un père et son fils, sans autre raison que la couleur de sa peau, dans un magasin de Newcastle lorsqu'il avait 12 ans, Hamilton a dû, très jeune, faire face au racisme. Il en a gardé le souvenir amer ("aujourd'hui encore je ressens à quel point c'était horrible"), mais il s'est aussi construit autour de ça. Dès l'école, où il était dyslexique, le jeune Lewis a été confronté à l'adversité. Par bonheur, il avait ce don. Un don découvert très tôt, quand, à l'âge de six ans, il ridiculisait des adultes dans des courses de voitures télécommandées. 

Né pour piloter, et plus si affinités

La suite, des courses de karting jusqu'à la découverte du prodige par Ron Denis, le boss de McLaren, ne fera que confirmer que Lewis était né pour piloter. Mais pas uniquement. "Lorsque j'ai signé chez Mercedes en 2013, je leur ai demandé de ne pas essayer de contrôler ce que je faisais hors des circuits." Une liberté à laquelle le Britannique est trop attaché pour se plier aux règles d'une écurie, aussi puissante soit-elle. 

Fièrement, il raconte la contrepartie du deal avec la firme allemande : "En échange, je vais vous aider à gagner des titres et je vais vous prouver qu'être quelqu'un de différent n'est pas une mauvaise chose pour votre marque." Il l'a sans doute réalisé au-delà de tous les espoirs de Mercedes. Et ce, sans jamais renier un mode de vie que ses détracteurs jugent exubérant et impropre avec l'hygiène de vie quasi monacale dont devraient s'inspirer les pilotes. "J'ai effectué le tour le plus rapide de ma vie à Singapour, au retour d'une fashion-week à New York", s'amuse-t-il. 

A bout de force à Abu Dhabi

Ce qui ne le fait pas sourire, en revanche, c'est le souvenir du dernier Grand Prix 2021 à Abu Dhabi. Evidemment. Le pilote Mercedes avait le titre quasiment en poche quand, par une décision très controversée du directeur de course, Max Verstappen est parvenu à lui souffler la victoire, et le titre, dans le dernier tour. "Je ne sais pas si je peux mettre des mots sur ce que j'ai ressenti", avoue-t-il. "Je me souviens juste que je devais défaire ma ceinture et sortir de cette voiture. Je devais trouver la force de le faire mais je ne l'avais pas. Ce fut l'un de mes moments les plus durs depuis très, très longtemps".

Il en faudrait pourtant plus faire plier Lewis Hamilton. Seule une cause comme Black Lives Matter peut lui faire mettre un genou à terre pour tenter de faire bouger les lignes en F1 ("en 70 ans, personne dans notre sport ne s'est dressé, si ce n'est pour défendre ses propres intérêts"). En dépit de 15 saisons passées sur les tarmacs de F1 et d'une Mercedes rétive cette saison, l'homme aux 28 millions de followers sur Instagram ne compte pas s'arrêter définitivement aux stands.

"Bien sûr que je me suis posé la question de savoir si je voulais continuer. J'étais vraiment dans une période noire", confesse-t-il en référence à l'épilogue douloureux d'Abu Dhabi. Mais la passion de la course continue d'irriguer son sang. Il martèle : "Je suis toujours en mission. J'aime toujours conduire. J'aime toujours le challenge. Je ne sens pas que le moment de se retirer soit proche." 

Les failles dans la cuirasse

Monstre de volonté et d'ambition, le co-détenteur de titres mondiaux (7, avec Michael Schumacher) est pourtant capable de fendre l'armure. Ce qui le rend si humain. On peut ainsi être capable de conduire des bolides à plus de 300 km/h et avouer ne pas être à l'aise sur la route pour aller chercher son pain ! "Je trouve ça stressant", confie-t-il, "n'importe quoi peut se passer".

Une peur qu'il assume parfaitement. Au contraire de celle qu'il éprouve pour les araignées et qui lui fait inspecter chaque recoin de chambre lorsqu'il se déplace dans des pays tels que l'Australie, réputée pour la dangerosité de ses arachnides. "C'est pathétique, je sais", rigole-t-il. L'homme est revenu de tout, de l'injustice et des préjugés, mais il ne peut regarder ne serait-ce que la photo d'une araignée. Finalement, il est vrai que chaque héros a ses faiblesses. 

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