Russie exclue des JO d'hiver : "Une décision historique"

Denis Oswald a dirigé la commission d'enquête du CIO à l'origine de l'exclusion de la Russie des Jeux olympiques d'hiver de 2018. Il a expliqué mardi à franceinfo les raisons de cette décision. 

Denis Oswald, le 15 septembre 2017 à Lima, au Pérou. 
Denis Oswald, le 15 septembre 2017 à Lima, au Pérou.  (FABRICE COFFRINI / AFP)

Le Comité international olympique a décidé de suspendre la Russie des prochains Jeux olympiques d'hiver, qui auront lieu à Pyeongchang, en Corée du Sud, du 9 au 25 février 2018. Le CIO sanctionne la fédération russe pour dopage institutionnalisé.

"C'est une décision historique", a commenté mardi 5 décembre sur franceinfo Denis Oswald, qui a dirigé la commission d'enquête du CIO à l'origine de la décision d'exclure la Russie. "Dans les années récentes, c'est vraiment une des violations les plus graves, en plus par le fait que les Jeux ont été attribués à la Russie [les JO de 2014 à Sotchi]", a-t-il précisé. 

La Russie avait l'obligation et la responsabilité, sur la base de contrat de ville hôte, de mettre en place un laboratoire anti-dopage. Ils ont profité de cette situation pour faire bénéficier leurs athlètes de leurs privilèges. C'est une violation très graveDenis Oswald, membre du CIOà franceinfo

Le CIO proposera néanmoins des mesures pour les athlètes russes "propres" : participer sous bannière olympique, sous strictes conditions : "On ne veut pas de punition collective. On veut essayer de donner leur chance aux athlètes qui prouveront qu'ils n'ont jamais été impliqués dans des affaires de dopage, l'occasion de participer", a expliqué Denis Oswald.

Une "humiliation" pour Vladimir Poutine

Le président russe, Vladimir Poutine, avait affirmé que le bannissement de la Russie serait une "humiliation" pour le pays, et a laissé entendre que cette décision serait suivie d'un boycott russe. Cette menace ne fera pas changer d'avis Denis Oswald : "On a estimé que notre devoir était de prendre des sanctions sévères, et on l'a fait. Si les Russes décident de boycotter, ils ne feront qu'aggraver leur cas", a-t-il tranché.

"On n'a certainement pas peur de Vladimir Poutine. S'il pousse le CNO russe à prendre de mesures de représailles, on réagira en mesure de ce qui aura été fait", prévoit-il.

"Si les Russes décident de boycotter, ils ne feront qu'aggraver leur cas" Denis Oswald, membre du CIO à franceinfo.
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