Scandale de dopage dans l'athlétisme : les réponses de Stéphane Diagana à vos questions

L'ancien athlète français et consultant de francetv sport revient sur le rapport accablant qui éclabousse la Fédération internationale d'athlétisme.

Stéphane Diagana à Contres (Loir-et-Cher), le 30 juillet 2014.
Stéphane Diagana à Contres (Loir-et-Cher), le 30 juillet 2014. (MAXPPP)
Ce qu'il faut savoir

Le monde de l'athlétisme est dans la tourmente. L'Agence mondiale antidopage (AMA) a dévoilé, lundi 9 novembre, un rapport accablant sur la corruption au sein de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF). L'ancien athlète français et consultant de francetv sport Stéphane Diagana répond à vos questions sur cette affaire.

L'AMA a demandé que la Russie soit suspendue de toutes les compétitions sportives en raison de multiples infractions. L'agence accuse notamment Moscou d'avoir mis en place un système de dopage organisé et d'avoir "saboté" les JO 2012 de Londres en raison de la présence d'athlètes ayant pris des stimulants.

Le rapport révèle un "haut niveau de collusion" entre les athlètes, les entraîneurs, les médecins, les officiels et les agences sportives "pour fournir de façon systématique aux athlètes russes des produits dopants afin d'atteindre le principal objectif de l'Etat (…) : produire des vainqueurs".

Quatre personnes ont déjà été mises en examen pour corruption par la justice française. L'ancien président de l'IAAF, le Sénégalais Lamine Diack, est notamment soupçonné d'avoir accepté des pots-de-vin pour couvrir des pratiques dopantes.

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #DIAGANA

11h10 : Très beau message: "pourtant ce n'est pas un passage obligé pour accéder au haut niveau". Merci Stéphane !

11h09 : Merci d'avoir répondu à nos questions, monsieur Diagana !

11h09 : Dans les commentaires, vous remerciez Stéphane Diagana d'avoir participé à un chat consacré au scandale qui touche le monde de l'athlétisme.

11h02 : Merci pour vos questions ! Au revoir !

11h01 : C'était la dernière question de ce chat consacré au scandale de dopage dans le monde de l'athlétisme. Merci à toutes et à tous d'y avoir participé !

10h59 : Pour l'instant, les sanctions ne concerneraient que la délégation russe puisque l'idée évoquée au niveau de l'IAAF serait une suspension de la Fédération russe d'athlétisme. Cela n'empêcherait pas les nageurs ou les basketteurs russes de participer aux JO. La situation serait différente si c'était le CIO qui décidait de suspendre le comité olympique russe. Ce qui n'est pas le cas pour le moment.

10h58 : La Russie possède un très gros contingent d'athlètes aux JO notamment. Ne risque-t-on pas de voir les JO de Rio amputés d'une partie de l'intérêt mondial, voire d'un boycott des pays proches de la Russie, comme on a pu le voir en 1980 et 1984 ?

12h22 : Cette affaire est le fruit de révélations d'une chaîne allemande en décembre 2014. Elle a donc déclenché l'ouverture d'une enquête indépendante de l'Agence antidopage qui a travaillé onze mois pour recueillir ces informations. Bien sûr, il y a eu des cas avant et malheureusement il y en aura après.

10h59 : Pourquoi seulement maintenant cette affaire, tout le monde le savait que les Russes et bien d'autres nations se dopent ?

10h54 : Cela peut arriver pour des athlètes jeunes et sous influence dans certains pays. Mais je ne crois pas que cela puisse être le cas à l'âge adulte.

10h55 : Bonjour Stéphane, pensez-vous qu'il soit possible que certains athlètes soient dopés à leur insu? Merci.

10h54 : Non, je n'ai jamais été approché par qui que ce soit sur ce sujet parce que j'ai très vite exprimé la façon dont je voulais arriver au haut niveau. Quitte à ne pas y arriver. Je n'ai pas fait de l'athlétisme quand j'étais jeune pour devenir champion. Le fait que je le sois devenu a juste été une conséquence d'une passion qui m'a sans doute apporté beaucoup plus que les titres ou les médailles. J'ai eu de la chance d'avoir des parents, des proches et un entraîneur qui partageaient cette vision du sport.

10h51 : En toute honnêteté, au cours de votre carrière, n'avez-vous jamais été tenté par le dopage ou approché par un tiers qui vous le suggère ?

12h23 : Je ne crois pas que cela puisse se produire en France avec une telle ampleur et une telle organisation, compte tenu d'une séparation des pouvoirs et d'une indépendance des structures plus à même d'être garanties qu'en Russie. Ponctuellement, il faut toujours être vigilant car la tentation peut être grande avec les enjeux que peut représenter le sport à certains moments.

10h49 : Peut-on imaginer un scandale de même ampleur en France, notamment si Paris obtient les JO en 2024 ?

10h49 : Des rumeurs, oui, il y en a toujours. Et on a appris après-coup parfois des cas de dopage. Donc le fait de vouloir étouffer des cas n'est pas nouveau. En revanche, l'ampleur et la manière le sont.

10h47 : Lorsque vous étiez coureur, avez-vous eu vent de cas de dopage qui ne sont jamais sortis dans la presse ?

10h58 : Certaines disciplines sont potentiellement plus touchées que d'autres : les disciplines d'endurance, de fond et de demi-fond, mais aussi la course sur route, sont très lucratives et les performances dans ces disciplines peuvent être fortement améliorées par des techniques de dopage. Les performances dans les disciplines de sprint peuvent être améliorées aussi par des produits dopants. Si, à l'inverse, on regarde les disciplines de lancer, on constate qu'elles sont nettement moins bonnes qu'il y a 20 ans, sans doute parce qu'elles sont moins lucratives. Deux facteurs sont donc à prendre en compte : l'intérêt financier à se doper et aussi, bien sûr, l'impact d'amélioration d'un programme de dopage sur les performances. Cela vaut pour l'athlétisme, mais aussi pour le sport en général.

10h44 : Lorsque vous regardez les performances actuelles dans l'athlétisme, pensez-vous que le dopage soit une pratique généralisée ou bien circonscrite à quelques individus ?

10h46 : L'envie de dopage peut provenir de tous ceux et celles qui ont des intérêts : un pays, une fédération, un agent, un entraîneur, mais aussi, bien sûr, un athlète. Le manque de confiance dans la qualité de la lutte antidopage ne peut que renforcer la sensibilité des athlètes les plus fragiles au discours du "si tu n'en prends pas, tu n'y arriveras pas". Et pourtant, ce n'est pas un passage obligé pour exceller au plus haut niveau.

10h43 : Bonjour Stéphane, de qui vient l'envie de dopage, de l'athlète, de son entraîneur, de sa fédération, du fait de voir les autres et d'avoir un doute ?

10h42 : Il est trop tôt pour le dire mais le point commun semble être effectivement l'implication de l'Etat dans ce programme de dopage.

10h42 : Va-t-on vers un scandale de l'ampleur de la RDA en natation il y a quelques années ?

10h40 : Il est certain qu'il existe un lien fort entre le risque de dopage et les enjeux financiers mais aussi politiques. La réponse est donc de construire des gardes fous adaptés à ces enjeux et à ces risques. Il y a des possibilités mais on est loin du compte pour le moment.

10h40 : L'athlète ne paye-t-il pas les pots cassés d'un système gouverné par l'argent du sponsoring ? Ne faudrait-il pas assainir cela pour éliminer le problème du dopage ?

10h39 : Les sanctions doivent être proportionnées à ce qu'on a découvert et il est envisagé une suspension de la Fédération russe par l'IAAF. En ce qui concerne les autres pays, les sanctions seront individuelles ou au niveau des fédérations s'il est avéré qu'elles ont eu un rôle actif dans la pratique du dopage comme en Russie.

10h39 : Bonjour Stéphane, aujourd'hui la possible suspension de la Russie n'est-elle pas dérisoire face à l'ampleur des cas de dopage dans athlétisme puisque le Kenya est censé être aussi concerné ? Les sanctions ne doivent-elles pas être plus graves et toucher des personnes plus "haut placées" pour mettre fin aux problèmes de dopage et de corruption ?

10h37 : La question est légitime. Le zéro dopage ne sera jamais atteint, mais avec une organisation et une volonté politique plus forte, il est tout à fait envisageable de rétrécir les mailles du filet et donc d'assainir le sport.

10h36 : Bonjour Stéphane, ne pensez-vous pas que le monde du contrôle anti-dopage aura toujours un temps de retard sur les nouveaux produits dopants?

10h36 : On savait qu'il y avait un problème de dopage massif en Russie mais on ne pensait pas qu'il était organisé à un tel point avec des complicités au plus haut niveau, et qu'en plus, cela faisait l'objet d'extorsion de fonds auprès des athlètes et de corruption.

10h34 : Beaucoup de responsables de l'athlétisme disent "tomber des nues" face à ce scandale... Honnêtement, personne ne s'en doutait ?

10h33 : Il y a eu des cas de dopage aux Etats-Unis, en Jamaïque, nous en avons aussi malheureusement en France. La différence, c'est qu'on a les preuves formelles que cela a été organisé au plus niveau de l'Etat en Russie. C'est en cela que le cas est particulier et nous ramène aux pratiques de l'Allemagne de l'Est à l'époque de la guerre froide.

10h33 : Bonjour, on accuse la Russie d'organiser le dopage chez elle mais il y a quelque temps, c'étaient les USA et surtout la Jamaïque qui étaient montrés du doigt. La Russie ne serait-elle pas le bouc-émissaire de toute cette histoire ?

10h31 : Bonjour à tous !

10h31 : Bonjour, nous accueillons Stéphane Diagana pour un chat avec l'ancien champion du monde de 400 m haies.

09h55 : A 10h30, nous allons accueillir dans ce live Stéphane Diagana, ancien champion du monde de 400 m haies. Vous pouvez d'ores et déjà lui adresser vos questions entourant le scandale de corruption et de dopage qui touche le monde de l'athlétisme avec le hashtag .