Dopage, chantage et corruption : le rapport qui va bouleverser l’athlétisme mondial

Corruption, chantage, extorsions… Des athlètes auraient donné de l'argent à des cadres de la Fédération internationale d’athlétisme pour éviter d'être accusés de dopage. C’est ce que révèle un rapport de l’Agence mondiale antidopage qui sera rendu publique à 15h ce lundi.

(Les enquêteurs de l’agence mondiale anti-dopage, mais également la justice française soupçonnent l’ancien président de l’IAAF Lamine Diack et ses proches d’avoir monnayé leur silence dans des affaires de dopage. Photo d'illustration © Maxppp)

L'inquiétude grandit dans le monde de l’athlétisme à quelques heures de la présentation d’un rapport de l’Agence mondiale antidopage déjà présenté comme explosif. Un rapport dont le contenu a fuité dès ce week-end et dont on sait déjà qu’il dénonce une corruption généralisée au sein de la Fédération internationale d’athlétisme mais aussi un chantage globalisé contre des athlètes dopés. Un rapport qui, selon les premières informations qui ont filtré, compare l'organisation de l’IAAF à une mafia.

 

Une semaine seulement après sa mise en examen dans une affaire de corruption, Lamine Diack, à la tête prendant 16 ans et jusqu'à l'été dernier de la Fédération internationale d’athlétisme, est à nouveau visé. Puisque c’est sous sa présidence que tout ce serait passé. La Fédération aurait fait chanter des athlètes en leur annonçant leur contrôle antidopage positif, mais en promettant de garder le silence et de les laisser participer aux grandes compétitions, comme les Jeux Olympiques par exemple, en échange d'importantes sommes d'argent.

De 500.000 à un million d'euros de pots-de-vin

Le rapport cite notamment la russe Liliya Shobukhova. La marathonienne aurait versé la somme de 569.000 dollars en trois versements à des hauts dignitaires de la Fédération. Son entraîneur aurait même servi d'intermédiaire. Mais Liliya Shobukhova  ne serait pas la seule concernée. On évoque la somme d’un million d’euros au total qui aurait été versée par plusieurs dizaines d'athlètes à des dirigeants de l’athlétisme mondial.

 

Sebastian Coe, le nouveau président de l'IAAF, qui a succédé à Lamine Diack, s'est dit "choqué, en colère et profondément attristé ", par ce nouveau scandale. Et il n'est pas le seul. "On est tous sous le choc ", a réagi le directeur technique national de l'athlétisme français Gani Yalouz sur France Info. "Si tout ça est réel, c’est un vrai scandale", déclarait pour sa part la patron de l'athlétisme tricolore, Bernard Amsalem, précisant que rien de tout ça n'a existé ces dernières années en France.

"C’est le système qui fabrique des dirigeants corrompus", estime Jean-Pierre de Mondenard, médecin du sport et spécialiste des questions de dopage. Il répond à Fabienne Sintes
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