Polémique sur les propos d'Amélie Oudéa-Castéra : on vous présente le groupe scolaire catholique Stanislas

Article rédigé par franceinfo
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La façade du groupe scolaire catholique sous contrat avec l'Etat, situé dans le 6e arrondissement de Paris, le 15 janvier 2024. (ANTOINE MERMET / HANS LUCAS / AFP)
La nouvelle ministre de l'Education nationale est critiquée depuis la révélation de la scolarisation de ses trois enfants dans le privé.

"On en a eu marre, comme des centaines de milliers de familles." Amélie Oudéa-Castéra, la nouvelle ministre de l'Education nationale, s'est retrouvée au cœur de la première polémique à souffler sur le gouvernement de Gabriel Attal, vendredi 12 janvier, après que Mediapart a révélé qu'elle avait transféré ses trois enfants du public au privé. "Mon mari et moi (...) avons vu des paquets d'heures qui n'étaient pas sérieusement remplacées", a-t-elle justifié.

Les enfants de la ministre fréquentent désormais le groupe scolaire Stanislas à Paris. Franceinfo vous présente ce prestigieux établissement catholique sous contrat avec l'Etat, situé rue Notre-Dame-des-Champs, dans le 6e arrondissement de Paris.

Un des meilleurs établissements français

Le groupe scolaire fondé en 1804 figure "régulièrement en tête des classements des meilleures écoles", selon le journal La Croix. A l'échelle nationale, il se place à la seconde place dans le palmarès 2023 du Figaro, derrière Louis-le-Grand et devant Henri-IV. L'établissement affiche un taux de réussite au baccalauréat de 100%... avec 100% de mentions. L'année scolaire coûte 2 027 euros en élémentaire, 2 238 euros au collège et 2 561 euros au lycée, selon les tarifs affichés sur le site Stanislas.fr.

Stanislas compte parmi ses anciens élèves des personnalités très connues comme le général Charles de Gaulle, le styliste Christian Dior, le dirigeant et milliardaire François-Henri Pinault, l'industriel Martin Bouygues, l'homme d'affaires Carlos Ghosn ou encore l'ancien ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, relève le Huffpost. "C'est une fabrique à élites", résume une ancienne enseignante dans Le Parisien.

Un groupe scolaire catholique et conservateur

L'établissement privé catholique accueille quelque 3 600 élèves de la maternelle aux classes préparatoires. "Notre mission éducative tend à former l'être dans sa globalité, corps, âme et esprit", écrit Stanislas sur son site, énumérant la "relation à soi", la "relation à l'autre" et la "relation à Dieu".

"Pour moi, le catholicisme est par nature conservateur, au sens propre : il conserve le dépôt de la foi. L'Eglise est contre l'union homosexuelle et contre l'avortement, que je sache, non ? Une école catholique ne peut dire autre chose", déclarait ainsi le directeur de Stanislas, Frédéric Gautier, dans Le Monde en 2023.

"Stanislas est attentif à la formation de l'homme et de la femme et de leur construction affective suivant leur cheminement propre", écrit l'établissement dans son règlement intérieur pour expliquer le fait d'avoir des "classes non-mixtes en collèges". "Cette attention exigeante exclut tout comportement de 'petit couple' entre élèves", souligne-t-il.

Un règlement intérieur très strict

Tenue correcte exigée pour pénétrer l'établissement. "Nous souhaitons favoriser à Stanislas une tenue dont la ligne générale est la sobriété, le bon goût et surtout l'adéquation de la tenue des élèves avec leur âge et leur activité", explique l'établissement sur son site. "Tout vêtement contribuant à donner une allure de laisser-aller est prohibé." A ce titre, les piercings, les bijoux, les "pantalons trop moulants, les pantalons troués, déchirés et/ou effrangés, les pantalons taille basse, les pantalons de cuir ou imitation cuir, les leggings et les shorts, les débardeurs, les tee-shirts, les sweats et les sweats à capuche, les surchemises et hauts léger" sont interdits.

Les garçons doivent notamment avoir les cheveux "courts, propres et peignés". Mais les demandes spécifiquement adressées aux filles sont bien plus nombreuses. "Nous leur demandons de porter une blouse ou un chemisier rentré dans le pantalon. Tous les hauts (pulls, chemises et blouses) doivent être opaques et tomber sur le bas des hanches et ne pas s'arrêter à la ceinture du pantalon. Les épaules sont toujours couvertes, les décolletés doivent être à col rond ou à petit col V. Les jupes et robes doivent être opaques et d'une longueur décente", est-il détaillé.

Un collège-lycée accusé d'homophobie et de sexisme

Le groupe Stanislas est visé depuis février 2023 par une enquête administrative à propos d'accusations d'homophobie et de sexisme, à la suite d'enquêtes de Mediapart et de L'Express. Le site d'information avait ainsi révélé "témoignages et documents à l'appui, l'univers sexiste, homophobe et autoritaire du collège et lycée parisien Stanislas". Le média pointait également "les insultes homophobes omniprésentes, les intervenants proches de La Manif pour tous demandant la 'chasteté' aux élèves homosexuels et les membres de l'Eglise invités pour vanter les thérapies de conversion, désormais interdites par la loi".

Dans un podcast intitulé "Derrière les grilles de 'Stan', l'un des lycées les plus prestigieux de France", le média Brut a également pointé des positions anti-IVG de l'établissement et des enseignements sexistes. "Le média vidéo détaillait aussi l'homophobie du personnel, capable de mener une croisade contre les pantalons remontés aux chevilles des élèves ou d'envoyer une élève à l'infirmerie au motif qu'elle était soupçonnée 'd'être lesbienne parce qu'elle avait les cheveux courts'", cite encore Mediapart.

Le rapport d'enquête a été rendu à l'été 2023 à Gabriel Attal alors que le nouveau Premier ministre occupait alors le poste de ministre de l'Education nationale, mais le document n'a pas encore été rendu public. Il est désormais entre les mains d'Amélie Oudéa-Castéra.

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