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20 ans du Stade France : sans lui, "on n'aurait sans doute pas obtenu les JO de 2024"

Olivier Monna, professeur au Centre de droit et d'économie du sport, revient dimanche sur franceinfo sur les atouts et les faiblesses du Stade de France qui fête ses 20 ans cette année.

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Radio France
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Le Stade de France fête ses 20 ans dimanche 28 janvier 2018. Ci-contre, une vue générale du Stade de France, lors de l'Euro de football en juillet 2016. (MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)

Il y a 20 ans, le 28 janvier 1998, était inauguré à Saint-Denis (Seine-Sain-t-Denis) le Stade de France, avec un match entre l'équipe de France de football, pas encore championne du monde, et l'Espagne. Vingt ans plus tard, le Stade de France, qui a accueilli près de 35 millions de spectateurs lors de 450 événements, doit faire face à une concurrence décuplée, selon Olivier Monna, professeur au Centre de droit et d'économie du sport, à Limoges. Interrogé dimanche 28 janvier sur franceinfo, il rappelle toutefois que la France n'aurait "sans doute pas obtenu les JO de 2024 sans ce stade".

franceinfo : Le Stade de France est-il adapté au XXIe siècle ? N'a-t-il pas un peu vieilli ?

Olivier Monna : Immanquablement, il a vieilli, puisqu'il avait été construit pour être inauguré en 1998. Le Stade de France a été rénové à plusieurs reprises pour essayer de garder son rang de premier stade de France. Aujourd'hui, le fait que la concurrence soit très rude - bon nombre de nouveaux équipements ont vu le jour - le rend certainement un petit peu obsolète.

Qu'avait-il de novateur à l'époque?

Déjà, le fait que ce soit le seul stade de cette envergure, pouvant accueillir tous les grands événements que la France, à un moment donné, a souhaité accueillir. Par ce biais-là, il était forcément novateur. Il se rapprochait d'autres modèles qu'on pouvait connaître en Europe, en Angleterre ou en Allemagne. Sa capacité de 80 000 places en faisait un vrai mastodonte à l'époque. Ça permettait de bien répondre à cette demande très forte en matière de stade et notamment pour la Coupe du monde 1998, qui se passait chez nous.

Les nouveaux stades, les "arénas" aujourd'hui, sont capables d'accueillir de multiples sports, mais aussi des spectacles. Quel est le modèle économique d'une structure comme le Stade de France aujourd'hui?

C'est un modèle difficile. Le marché des spectacles et des événements est aujourd'hui beaucoup plus tendu, il y a beaucoup plus d'acteurs qu'auparavant, les tournées sont plus difficiles à obtenir. Il y a aujourd'hui plus d'équipements : on peut faire des concerts avec 40 000 ou 60 000 personnes dans d'autres endroits en France, avec des stades très modulables, comme le stade de Lille [Stade Pierre Mauroy à Villeneuve d'Ascq], qui permettent d'accueillir des spectacles de toute taille. C'est aujourd'hui une difficulté de plus pour le Stade de France d'arriver à exister avec cette concurrence-là.

Le Stade de France devra-t-il être aménagé pour accueillir les Jeux Olympiques de 2024 ?

Il faut bien remettre en perspective que, sans ce Stade de France, on n'aurait sans doute pas obtenu les Jeux Olympiques, puisqu'il fallait ce type d'équipement pour accueillir de tels événements. Il faudra le mettre à jour, notamment pour optimiser encore l'accueil du public, qui est déjà très correct mais qui devra encore être travaillé pour se rapprocher de ce qui se fait partout ailleurs dans le monde. A l'image du Groupama Stadium de Lyon, un stade doit être un vrai centre de vie, très connecté, avec des facilités et une navigation dans le stade pour le public qui doit être très aisée. Peut-être que le Stade de France est un peu en retard là-dessus par rapport à d'autres salles.

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