Vidéo "Les loups que j'ai connus" : quand Marilyn Monroe dénonçait dès 1953 l'univers toxique d'Hollywood pour les femmes

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VIDEO. "Les loups que j'ai connus" : quand Marilyn Monroe dénonçait dès 1953 l'univers toxique d'Hollywood pour les femmes
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France Télévisions

Dans une interview accordée à un magazine, titrée "Wolves I Have Known", la jeune comédienne en pleine ascension révélait le harcèlement sexuel dont elle était victime. Notamment pour mettre en garde les jeunes filles qui arrivaient à Hollywood les yeux pleins d'étoiles… Extrait du magazine "20h30 le samedi" diffusé le 24 septembre 2022, juste après le journal de France 2.

Marilyn Monroe vient de jouer son premier grand rôle dans le film Niagara (1953), réalisé par Henry Hathaway. Et contre toute  attente, elle décide d’accorder un entretien au magazine Motion Picture and Television dans lequel l’actrice raconte l’envers du décor. "Elle va dénoncer les prédateurs qu’elle appelle 'les loups', cet univers toxique d’Hollywood pour les femmes. Elle n’est pas encore au top d’Hollywood, intouchable comme quelques années plus tard, mais en train de monter, voulant devenir quelqu’un. Elle prend donc un risque assez important pour sa carrière et va décrire tous les hommes qui ont essayé de la harceler", explique au magazine "20h30 le samedi" (replay) Raphaëlle Baillot, coréalisatrice du documentaire Marilyn, femme d’aujourd’hui.

"Le premier vrai loup que j’ai rencontré devrait avoir honte de lui, confie Marilyn au magazine, car il a essayé de tirer avantage d’une enfant. C’est tout ce que j’étais. Je n’étais pas méfiante quand il a arrêté sa voiture et a commencé à me parler. Il m’a dit qu’il avait un bureau au studio Goldwyn. Et pourquoi pas venir le voir ? Il me ferait passer des essais caméra…" Anne Plantagenet, auteure du livre Marilyn Monroe (éd. Gallimard), raconte : "Elle est un peu étonnée, quand elle se présente, parce qu’il n’y a personne dans le studio. L’homme lui tend un scénario et lui dit de commencer à lire. A peine a-t-elle lu une ligne du dialogue qu’il lui demande de relever sa jupe."

"Elle ose raconter cette histoire"

Raphaëlle Baillot précise la scène : "Elle se dit, oui, peut-être. Il veut voir comment je suis faite en même temps qu’écouter comment je joue. Donc, elle remonte sa jupe une première fois…" L’homme lui demande de relever sa jupe un peu plus haut et quand pour la troisième fois il dit "higher !", qui sonne comme une injonction terrible, la comédienne se rend compte qu’il a traversé la pièce pour s’asseoir à côté d’elle : "Marilyn Monroe ne se laisse pas faire. Et là où elle est encore plus forte, c’est qu’elle ose raconter cette histoire." Ce qu’elle veut, c’est prévenir les jeunes filles qui arrivent à Hollywood la tête pleine de rêves. Anne Plantagenet rappelle qu'"à cette époque, les jeunes actrices à Hollywood ne sont vraiment que des objets à la merci des décideurs. Et les décideurs, ce sont des hommes."

"Si on veut réussir, il faut de temps en temps monter dans la limousine du producteur… Et elle a dit plus tard : 'Oui, j’ai couché avec des producteurs. Si je ne le faisais pas, il y en avait vingt-cinq autres derrière moi qui allaient le faire.' Est-ce qu’on peut à la fois coucher avec certains, puisqu’on doit réussir, et puis les dénoncer comme prédateurs ? s’interroge la documentariste Raphaëlle Baillot. La réponse est bien sûr que oui. On peut être à la fois désirante, ambitieuse… et dénoncer les prédateurs. Tout est une question de consentement."

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