Féminicide : manifestation pour un plan d'urgence

En France, chaque année, 220 000 femmes sont victimes de violences conjugales. Les campagnes de communication n'empêchent pas les coups portés, parfois jusqu'à la mort. Un rassemblement était organisé samedi 6 juillet, place de la République à Paris.

Depuis janvier, 74 femmes ont perdu la vie sous les coups de leur mari ou ex-petit ami. Toutes tuées parce que femmes. Une d'entre elles témoigne. Elle y a échappé, mais explique la difficulté de se faire entendre. "Dans mon commissariat, chaque fois c'est refusé, alors ou ce n'était pas l'heure, ou il fallait revenir, ou ce n'était pas le bon moment. Déjà on a honte, on a peur, et quand on est décidées, il y a des refus de prendre votre plainte", dénonce-t-elle. Ne rien faire, ne rien entendre, ne rien dire. Le quotidien pour ces femmes parfois. La présidente du collectif des proches et familles de victimes de féminicides, Céline Lolivret, raconte le cas d'une femme tuée par balle par son conjoint. "Sa dernière plainte, Julie avait dit aux gendarmes qu'il avait un port d'arme, qu'elle avait peur pour sa vie. Il lui avait répondu : ‘Tant qu'il ne vous tue pas, on ne va pas retirer le port d'arme' ".

Muriel Robin interpelle le gouvernement

Des dizaines d'associations, qui étaient réunies à Paris, ont dénoncé cet abandon, malgré la promesse présidentielle. "Que faites-vous, qu'allez-vous faire ? Combien pensez-vous que coûte la vie d'une femme ?", a demandé Muriel Robin, présente sur place. Le gouvernement a annoncé qu'une plateforme de signalement avait été mise en ligne, avec un plus grand recours à l'ordonnance de protection.

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Muriel Robin lors d\'une marche blanche pour Julie Douib, 30e victime de féminicide en 2019 en France, le 9 mars 2019.
Muriel Robin lors d'une marche blanche pour Julie Douib, 30e victime de féminicide en 2019 en France, le 9 mars 2019. (LUCAS BARIOULET / AFP)