Féminicide dans la Vienne : un homme mis en examen pour l'assassinat de son ex-compagne, mère de trois enfants

L'homme a avoué s'être rendu chez Sarah V. avec une arme pour "l'intimider". C'est le 99e féminicide en France depuis le début de l'année, selon les associations de défense des droits des femmes.

Une manifestation pour réclamer des mesures de lutte contre les féminicides, à Paris, le 6 juillet 2019.
Une manifestation pour réclamer des mesures de lutte contre les féminicides, à Paris, le 6 juillet 2019. (SAMUEL BOIVIN / NURPHOTO / AFP)

Le procureur ne croit pas à la version des faits du suspect. L'ex-compagnon de Sarah V., tuée au fusil mercredi dans la Vienne, a été mis en examen pour assassinat, après avoir reconnu avoir tiré sur elle accidentellement, a annoncé vendredi 30 août le procureur de la République de Poitiers. Le suspect a dit qu'il était venu chez la victime "avec une arme" pour "l'intimider" mais qu'il "ne voulait pas la tuer" et que "le coup serait parti tout seul". "Les éléments du dossier tendent fortement à contredire" cette version.

Sarah V., mère de trois enfants, avait vécu près de cinq ans avec le suspect, avant une séparation "très conflictuelle" au printemps. Elle a été retrouvée morte à son domicile de Maillé (Vienne), à 25 kilomètres de Poitiers, le jour de ses 30 ans. La mère de famille a succombé à un tir au thorax, dans la zone du cœur. Une enquête a été ouverte pour assassinat après la découverte du corps. Son ex-compagnon, ancien jockey et père de son troisième enfant, a été placé en garde à vue.

Elle avait porté plainte contre lui en mai

Cet homme de 38 ans avait déjà été condamné en 2011, une peine confirmée en appel en 2012, pour des violences sur une autre femme qui venait de le quitter. Il était l'objet depuis mai d'une plainte de Sarah V. "pour des faits de menaces et harcèlement" que la jeune femme avait déposée à la gendarmerie de Parthenay (Deux-Sèvres), près de Vasles, où elle travaillait dans un bar. Il avait été placé en garde à vue à la suite de cette plainte, instruite à Niort. En parallèle, la jeune femme avait dénoncé les mêmes faits dans un courrier adressé au parquet de Poitiers.

Un rassemblement en hommage à la victime est organisé dimanche à 10 heures à Poitiers, à l'initiative de plusieurs associations de défense des droits des femmes. Elles dénombrent 99 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l'année 2019, alors qu'un Grenelle des violences faites aux femmes doit débuter mardi à Matignon.