Une cinquantaine d'agriculteurs démontent la ferme des "Mille vaches"

Baptisé ferme des "Mille vaches", le projet de ferme géante près d'Abbeville dans la Somme divise toujours autant. Ce mercredi matin la Confédération paysanne a décidé d’une action choc : des militants se sont introduits sur le chantier pour en démonter une partie des installations. D'après France Bleu, quatre d'entre eux ont été placés en garde à vue.

(© Maxppp - La ferme des "Mille vaches", à Abbeville, dans la Somme, doit bientôt entrer en service)

Il est sept heures du matin à Abbeville, dans la Somme. Les militants de la Confédération paysanne se pressent sur un immense chantier : celui de la ferme des "Mille Vache". Pinces et clés à molettes en main, ils s’attellent en toute illégalité au démontage de la salle de traite. La cinquantaine d'agriculteurs, "venue de toute la France ", a préparé cette action choc pour interpeller le gouvernement :

"On veut faire comprendre que ce modèle de développement agricole ne nous satisfait pas. On essaie de sensibiliser le public sur l’évolution de l’agriculture"

La ferme, qui doit être mise en service dans les prochains mois, s’étend sur l’équivalent de deux terrains et demi de football. Des hangars flambaient neufs qui devraient accueillir bientôt 1.000 vaches laitières et 750 génisses.

Un élevage à grande échelle pensé pour abaisser les coûts de production, mais aussi valoriser les déjections bovines grâce à un méthanisateur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un danger pour la profession ?

Dans la profession, le projet fait débat. Radicale dans sa critique, la Confédération refuse tout net ce modèle économique, qu’elle qualifie de "ferme-usine ". Pour Laurent Leray, secrétaire national, il s’agit même d’un danger pour toute la profession :

"Si on compare la production laitière actuelle de la France, grâce à 70.000 exploitations, il faudrait moins de 3.000 exploitations de ce type demain pour arriver à la même production"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des pièces démontées envoyées au ministre

Le 17 février, la Confédération paysanne, l'association d'opposants locaux Novissen et les associations MNLE, L214 et Picardie Nature avaient demandé en référé la suspension du permis de construire de la ferme. Cause invoquée : des "irrégularités manifestes et nombreuses ", pour la plupart des points techniques.

Le tribunal administratif d'Amiens a rejeté finalement rejeté leur demande, le 12 mars dernier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Evacués par les gendarmes vers 9h, après leur action, quatre d'entre eux ont été placés en garde à vue, informe France Bleu. Les militants ne baissent pas les bras : "Nous savons désormais qu'il n'y a pas de volonté politique d'empêcher l'aboutissement de ce projet. (...) Malgré les risques encourus face à une justice aux ordres, nous ne pouvons pas laisser détruire notre avenir. Nous ne risquons pas notre liberté avec plaisir ".

Certains ont même emporté avec eux des pièces du système de traite de lait. Un souvenir qu’ils comptent bien remettre en main propre au ministre de l’agriculture.