Un "cimetière éphémère" à Paris en hommage aux centaines de SDF morts en 2016

Au moins 501 personnes sans abri sont mortes l'an dernier, selon un décompte du collectif Les Morts de la rue. Mais le chiffre pourrait être six fois supérieur, selon l'association qui organise un hommage place du Palais-Royal.

Le collectif a installé un \"cimetière éphémère\" place du Palais royal à Paris, mardi 21 mars, où ont été disposées des plaques nominatives en hommage aux défunts recensés en 2016.
Le collectif a installé un "cimetière éphémère" place du Palais royal à Paris, mardi 21 mars, où ont été disposées des plaques nominatives en hommage aux défunts recensés en 2016. (CHRISTIAN PAGE / TWITTER)

Mihaela, 14 mois, morte en mars à Lille, Marie-Rose, 96 ans disparue à Marseille en juillet... Au moins 501 personnes sans abri sont décédées en 2016, selon un décompte du collectif Les Morts de la rue, qui leur rend hommage mardi 21 mars. Leurs noms ont été publiés dans le quotidien La Croix.

"Il y en avait six que je connaissais"

Le collectif a installé un "cimetière éphémère" place du Palais royal à Paris, où ont été disposées des plaques nominatives en hommage aux défunts. Mardi après-midi, les passants peuvent s'y recueillir ou déposer des fleurs. "Il s'agit d'interpeller, de rappeler que derrière les chiffres, il y a des visages, des noms, des histoires", explique Cécile Rocca, membre du collectif. Chaque nom est lu un par un, tout l'après-midi. Un rassemblement est également prévu à l'issue de la lecture.

Parmi ces centaines de morts, "il y en avait six que je connaissais", témoigne Christian Page, qui vit dans la rue depuis deux ans, après avoir été expulsé : "Dans la campagne présidentielle, personne ne parle de logement, d'hébergement, ni de SDF."

Un nombre de morts sans doute bien supérieur

Pour recenser les personnes mortes sans domicile, le collectif s'appuie sur les témoignages de riverains ou d'associations. Elle a dénombré 501 morts, mais pense qu'il y en aurait six fois plus – soit environ 2 800 –, après croisement de ses données et de celles de l'Institut national de la santé et de la recherche médical (Inserm). En moyenne, ces personnes sont mortes à 49,6 ans, soit 30 ans plus tôt que la moyenne des Français. Parmi eux, le collectif a dénombré 46 femmes et 11 mineurs, dont six avaient moins de 5 ans.

Ils ont vécu en moyenne douze ans dans la rue avant de mourir, le plus souvent de causes violentes (accident, suicide, agression, noyade...) ou de maladie. Les décès sont survenus toute l'année mais ont été plus nombreux en janvier, juillet et octobre. Le collectif souligne que pour leur très grande majorité, ils avaient des liens avec leur entourage : riverains, travailleurs sociaux, amis.