Sécurité routière : Manuel Valls convoque un comité interministériel, une première depuis 2011

Un rapport révélé dimanche pointe le manque de collaboration entre les ministères sur la sécurité routière.

Le ministre de l\'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et le Premier ministre, Manuel Valls, le 15 juin 2015 à Paris.
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et le Premier ministre, Manuel Valls, le 15 juin 2015 à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

Le gouvernement semble vouloir reprendre la main sur le front de la sécurité routière. Manuel Valls a annoncé, lundi 10 août, la tenue "à la sortie de l'été" d'un comité interministériel de sécurité routière (CISR), qui ne s'est plus réuni depuis mai 2011. Des annonces qui font suite aux mauvais chiffres de la mortalité routière et à des critiques accusant les pouvoirs publics d'immobilisme.

"Nous tiendrons un comité interministériel à la sortie de l'été pour faire un point sur la mise en œuvre des mesures" annoncées le 26 janvier, a déclaré le Premier ministre, en déplacement avec le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve dans les Alpes-de-Haute-Provence.

"La lutte contre l'insécurité routière", une priorité pour Valls

Ces déclarations interviennent au lendemain de la révélation par le Journal du dimanche d'un rapport de l'Inspection générale de l'administration (IGA) de juillet 2014, pointant notamment un manque de collaboration interministérielle. "L'interministérialité semble reculer. (...) L'interministérialité de la politique de sécurité routière doit s'appuyer sur la tenue périodique de comités interministériels de la sécurité routière et une collaboration interministérielle forte, notamment entre ministères de l'Intérieur et de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie", affirmait le rapport, cité par le JDD.

"Il faut, c'est vrai, approfondir la logique interministérielle", a admis Bernard Cazeneuve, tout en fustigeant les attaques sur un manque de volonté gouvernementale. "On ne lutte pas contre les excès de vitesse avec des excès de langage", a-t-il affirmé, rejoint par Manuel Valls qui a appelé à "éviter les polémiques stériles" et a assuré que "la lutte contre l'insécurité routière (...) est une priorité" du gouvernement.

La mortalité sur les routes en hausse

"Le rapport a été publié il y a un an. Qu'avons-nous fait depuis la publication de ce rapport ? Vingt-six mesures ont été présentées au Premier ministre au mois de janvier", a insisté le ministre de l'Intérieur. Ces mesures "étaient une prise en compte de l'ensemble des préconisations du rapport", a-t-il expliqué, énumérant notamment l'interdiction du kit mains libres, l'abaissement du taux d'alcoolémie pour les conducteurs novices et la baisse expérimentale de la limitation de vitesse de 90 km/h à 80 km/h sur quelques axes accidentogènes.

"C'est vrai que les chiffres ne sont pas bons mais c'est faux de dire que face à cette réalité, la mesure des choses n'a pas été prise et que nous ne sommes pas dans l'action", reconnaît Bernard Cazeneuve. Le locataire de la place Beauvau prévient aussi que les chiffres de la mortalité routière en juillet, attendus dans les prochains jours, "ne sont pas bons". Le nombre de morts sur les routes a augmenté en 2014 pour la première fois en douze ans (3 384, +3,5%). Cette hausse s'est poursuivie sur les six premiers mois de l'année 2015 (+0,8%).