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Sécurité routière : "Il faut toujours saluer une baisse, mais il ne faut jamais s'en satisfaire", met en garde la Prévention routière

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a présenté les chiffres de la sécurité rourière et s'est félicité d'un "chiffre historiquement bas". 

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Radio France
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Des employés de la Direction interdépartementale des routes de l'Est remplacent des panneaux de limitation de vitesse à 90 km/h par des 80 km/h (illustration). (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Le nombre de morts sur les routes de France métropolitaine a légèrement reculé en 2019 pour atteindre le "chiffre historiquement bas" de 3.239 décès, a annoncé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Il y a eu neuf morts de moins qu'en 2018. "Il faut toujours saluer une baisse, mais il ne faut jamais s'en satisfaire", a commenté samedi 1er février sur franceinfo, Anne Lavau, déléguée générale de l'association Prévention Routière. "Il faut continuer un combat qui est un combat collectif", a-t-elle ajouté, notamment sur la limitation à 80 km/h. Grâce à cette mesure "336 vies ont été sauvées", selon le ministère de l'Intérieur. Anne Lavaud demande aux présidents de conseils départementaux de "renoncer" à revenir au 90 km/h. "Je pense que ce serait plus raisonnable", a-t-elle expliqué.

franceinfo : Aujourd'hui avec l'annonce de ces chiffres vous accordez un satisfecit total ou bien faut-il relativiser ?

Anne Lavau : Il faut toujours saluer une baisse, mais il ne faut jamais s'en satisfaire. C'est effectivement toujours neuf tués par jour et 20 fois plus de blessés graves. Il faut continuer un combat qui est un combat collectif. Cette baisse il faut la mettre sur le côté collectif. C'est ensemble qu'on a réussi à vaincre en partie ce fléau.

Christophe Castaner dit que la mesure des 80 km/h a sauvé 336 vies. Vous partagez ce constat ?

Il y a une baisse qui est évidente sur ce fameux réseau de départementales bi-directionnelles sans terre-plein central. Cette baisse, on était en droit d'attendre qu'elle soit supérieure. La lecture que nous en faisons à la Prévention routière, si on se reporte une année en arrière, il y avait une dégradation très forte des radars, le parc des radars ne faisait plus office. Ça organisait une sorte d'impunité par rapport à cette question de la vitesse. Notre association regrette le fait qu'il y ait un flou au niveau politique, puisque la loi LOM (Loi d'orientation des mobilités), publiée en fin d'année, redonne la possibilité aux présidents de conseils départementaux de sélectionner les tronçons où ils pourraient repasser à 90 km/h.

Des départements sont déjà revenus au 90 km/h, il y a aujourd'hui même le Cantal et la Corrèze qui le font. Les appelez-vous à renoncer ?

Ce qu'on leur dit, c'est que notre association est à leur disposition et siège à ces fameuses commissions départementales de sécurité routière pour les inciter à renoncer. Je pense que ce serait plus raisonnable. 

Les Français sont maintenant 42% à être favorables à cette mesure de la limitation à 80 km/h. A l'épreuve de ce changement de vitesse, ils se sont rendus compte que le temps perdu était très faible.

Anne Lavau, de la Prévention routière

à franceinfo

On sait que les mesures de sécurité routière, il faut les laisser s'installer. L'acceptabilité de telles mesures se fait avec le temps. Le gouvernement a renoncé beaucoup trop tôt. Il aurait fallu laisser du temps à cette mesure de manières à laisser s'installer.

Quelles sont vos inquiétudes aujourd'hui ?

Notre association s'inquiète de ce qui se passe dans les agglomérations parce que vous avez vu qu'il y avait une augmentation de 7 % de la mortalité. C'est 68 décès en plus par rapport à l'année dernière.

Pour notre association et surtout dans cette période où approchent les élections municipales, c'est l'opportunité de rappeler que, selon une étude que nous avons faite lors du Congrès des maires de France, 45% des Français constataient qu'il y avait une dégradation des comportements depuis deux ans dans leur ville.

Anne Lavau, de la Prévention Routière

à franceinfo

C'est un taux qui monte à 54% à Paris et dans la région parisienne. Ces chiffres qu'on a publiés en novembre, on les regarde avec une autre lecture quand on voit l'augmentation de la mortalité dans les agglomérations.

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