Routes secondaires à 80 km/h : Edouard Philippe défend la mesure, au risque d'être "impopulaire"

Le gouvernement doit annoncer mardi l'abaissement à 80km/h de la vitesse maximale sur 400 000 km de routes secondaires.

Des voitures passent devant un panneau annonçant la proximité d\'un radar, le 2 juin 2011 près de Vienne (Rhône).
Des voitures passent devant un panneau annonçant la proximité d'un radar, le 2 juin 2011 près de Vienne (Rhône). (PHILIPPE MERLE / AFP)

"Si pour sauver des vies il faut être impopulaire, j'accepte de l'être." Le Premier ministre Edouard Philippe défend la probable réduction de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, dans un entretien au JDD, dimanche 7 janvier. Pour tenter d'enrayer la hausse persistante du nombre de morts sur les routes, le gouvernement va annoncer mardi l'abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale sur 400 000 km de routes secondaires (à double sens sans séparateur central).

Je sais que si nous annonçons cette mesure je serai critiqué. Mais je sais qu'elle va sauver des vies, et je veux sauver des vies. Je comprends les arguments, et même la mauvaise humeur, mais je ne le fais pas pour augmenter les recettes de l'Etat – d'ailleurs, nous annoncerons des choses à ce sujet.Edouard Philippe, Premier ministreau "JDD"

Les journalistes du JDD ont tout de même demandé à Edouard Philippe s'il fallait forcément passer par une interdiction pour obtenir des résultats en France. "Il y a 3 500 morts et 70 000 blessés par an, 70 000 !, a répondu le Premier ministre. Après des décennies de progrès, nos résultats se sont dégradés. Eh bien, je refuse de considérer cela comme une fatalité. Chaque fois qu'un responsable politique a eu le courage de s'engager, les résultats ont été spectaculaires."

Un argumentaire de la Sécurité routière envoyé aux préfets

La Sécurité routière a déjà envoyé aux préfets une note dans laquelle sont détaillés des arguments en faveur de l'abaissement de cette limite, selon un document publié sur le site moto-net.com (fichier pdf). Les gains de vie d'une baisse de la vitesse maximale autorisée "pourraient se situer entre 200 et 400 vies par an, selon le nombre de kilomètres de voies concernées par la baisse", d'après cet argumentaire. La Sécurité routière cite également d'autres avantages : l'environnement (-30% d'émissions de polluants) et le budget des automobilistes – qui économiseraient "120 euros par an, en moyenne, de carburant".

>> Vitesse limitée à 80 km/h : la Sécurité routière envoie un argumentaire aux préfets

Plusieurs personnalités, dont l'ex-Premier ministre socialiste Manuel Valls, qui s'est rallié à la majorité LREM, ont signé vendredi un appel pour soutenir la réduction de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, une mesure contre laquelle "il n'y a aucun argument" selon le texte. Cette disposition s'inscrit dans un plan de mesures qui sera officialisé à l'issue d'un Conseil interministériel de sécurité routière (CISR). La Sécurité routière estime qu'il faudrait "environ six mois" pour mettre en place cette nouvelle vitesse maximale autorisée.