Envoyé spécial, France 2

VIDEO. 80 km/h : pourquoi certains prônent un retour à 90 km/h, avec des exceptions à 70

Pour ou contre la limitation à 80 km/h ? "Envoyé spécial" a enquêté en Haute-Loire sur une mesure décidée à Paris et qui divise tout un département. Ceux qui connaissent bien le terrain préconisent du cas par cas, par exemple des limitations à 70 km/h sur les portions particulièrement dangereuses.

ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2

La Haute-Loire compte les routes parmi les plus dangereuses de France : vingt-neuf morts en 2018. Beaucoup sont des deux-voies sans terre-plein central, où la vitesse est limitée à 80 km/h depuis le 1er juillet 2018. Pourtant, ici, tout le monde n'est pas favorable à cette limitation. Explications dans cet extrait d'"Envoyé spécial".

Luc Malhomme, Sylvie Fayon et Jean-Baptiste Brionnet sont conseillers municipaux de leur commune de Lempdes-sur-Allagnon. Depuis le début de leur mandat, ils essaient de rendre moins dangereuse la portion de la nationale 102, particulièrement meurtrière, qui passe aux abords du village. Ils ont emmené les journalistes d'"Envoyé spécial" à l'endroit "le plus accidentogène du secteur". En mars 2018, une jeune conductrice de 19 ans y est morte alors qu'elle sortait de la station-service. Sa voiture a été coupée en deux par un véhicule qui arrivait de l'autoroute.

Une mesure "complètement inadaptée" ?

Luc est pilote d'hélicoptère pour le SAMU, Sylvie Fayon médecin, et Jean-Baptiste Brionnet forme de futurs infirmiers. Tous trois sont régulièrement amenés à intervenir sur des accidents de la route. On pourrait les croire favorables à la limitation généralisée à 80 km/h... En réalité, ils jugent cette mesure "complètement inadaptée". Selon eux, le problème ne serait pas la vitesse, mais le fait que, sur cette route toute droite, les gens s'assoupissent au volant. Les trois élus ont écrit à leur député pour demander que la zone de la station-service soit limitée à 70 km/h. Ils souhaiteraient que leur expertise du terrain soit prise en compte.

Une "décision unilatérale", prise "sans concertation locale"

Le président du département, Jean-Pierre Marcon, gère 95% du réseau routier de Haute-Loire. Lui aussi dénonce une décision "unilatérale, venue d'en haut et mal interprétée", prise "sans concertation locale". L'élu de terrain prône un retour à 90 km/h généralisé, mais avec des exceptions à 70. Comme il en a le pouvoir, il a déjà pris 175 arrêtés de réduction de vitesse à 70 km/h, qui concernent la plupart des lieux où il y a eu des accidents mortels.

Extrait de "80 km/h, la sortie de route ?", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 28 février 2019.