Sécurité routière : "Baisser les vitesses sur les routes, cela a fait baisser le nombre de morts"

Le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe estime que les présidents des conseils départementaux qui choisiront de repasser à 90km/h ne sont pas "irresponsables".

Panneau 80 km/h, Loiret, 2018.
Panneau 80 km/h, Loiret, 2018. (CYRILLE ARDAUD / FRANCE-BLEU ORLÉANS)

Les députés examineront à partir de lundi 3 juin le projet de loi d'orientation des mobilité qui contient un amendement permettant aux présidents de conseils départementaux de relever la vitesse maximale autorisée à 90 km/h sur certains axes. L'année 2018 a été la moins meurtrière sur les routes en France, en recul de 5,3% par rapport à 2017. Le Délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe estime que les présidents de départements prendront en compte "toutes les données" avant de rehausser la vitesse sur certains tronçons.

franceinfo : Cette baisse est-elle le résultat des 80 km/h ?

Emmanuel Barbe : Il y a un double effet du 80 km/h. Un effet lié à l'annonce en janvier où on a énormément parlé de sécurité routière et il y a eu un effet massif à partir du 1er juillet qui a fonctionné sur les bases du modèle qui avait fait prendre cette décision au gouvernement. C'est-à-dire une baisse des vitesses moyennes pratiquées dès le 1er juillet. La difficulté, c'est qu'à partir du mois de novembre on a eu une baisse de la baisse liée à ce mouvement de destructions et de dégradations massives des radars. Cela s'observe vraiment dans les courbes que l'on a présentées hier.

Pensez-vous réussir à convaincre les départements de ne pas revenir à 90 km/h ?

Il y a eu une demande que les décisions soient prises au niveau locale et elle est en train d'être entendue puisque cela doit être voté dans le cadre de la loi sur l'orientation sur les mobilités. Le président des Conseils départementaux a demandé d'être aidé par les experts de la sécurité routière. Ce bilan est une réponse. Baisser les vitesses sur les routes, cela a fait baisser le nombre de morts. Cela marche partout dans le monde quand on le fait. Donc, les augmenter il n'y a pas de raison que ça ne produise pas l'effet contraire.

Une cinquantaine de départements ont fait savoir qu'ils reviendraient à 90 km/h. Est-ce que vous le regrettez ?

Je ne fais pas de politique. Je pense qu'on n'a pas affaire à des irresponsables et qu'ils vont prendre en compte toutes les données. Le président du Conseil départemental de la Haute-Marne a annoncé qu'il n'augmenterait que 10% de son réseau qui sont ses routes principales. C'est 66% de la mortalité dans ce département. Donc, il faudra que ce soit pris en considération. On leur fait confiance. Ce qu'il faut comprendre c'est qu'il n'y a pas de routes accidentogènes, il y a des types de routes accidentogènes. Les accidents se produisent un peu n'importe où, mais sur les routes sur lesquelles on roule vite, sur lesquelles il y a beaucoup de gens, c'est là que se produisent les accidents.

Vous avez prévu d'installer des radars tourelles. Où en est-on ?

Il y en a déjà qui fonctionne dans les Bouches-du-Rhône, du côté de Strasbourg. On les installe progressivement mais on a dû changer notre plan de déploiement parce qu'on a dû remplacer les radars qui avaient brûlé. Cela commence petit à petit dans la France. A chaque fois, il y a un panneau donc il n'y a pas de piège. Ce sont des radars plus modernes que l'ancienne génération. Ils voient plus de choses et ils ont des capacités pour détecter des gens qui téléphonent au volant.