Limitation à 80 km/h, éthylotest antidémarrage, portable au volant... Voici ce qui va changer pour les automobilistes

Le gouvernement a annoncé une série de mesures pour réduire la mortalité sur les routes. Parmi elles : la réduction de la vitesse maximale sur les routes secondaires ou le retrait du permis pour l'utilisation d'un téléphone portable.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, le 16 décembre 2017 à Paris.
Le Premier ministre, Edouard Philippe, le 16 décembre 2017 à Paris. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)
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"Nous pouvons changer le cours des choses." Le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, mardi 9 janvier, de nouvelles mesures de sécurité routière. "Seules sont efficaces les mesures de rupture", a ajouté le chef du gouvernement, rappelant que chaque année 3 500 personnes meurent sur la route. Franceinfo revient sur les principales nouveautés annoncées.

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Vous ne pourrez plus dépasser les 80 km/h sur les routes secondaires

Les automobilistes vont devoir lever le pied. Le gouvernement a annoncé la réduction de la vitesse maximale autorisée de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires à double sens, sans séparateur central. Seule exception : les routes ayant deux fois deux voies. "La vitesse est la première cause d'accidents corporels en France, a rappelé le Premier ministre. L'expérimentation conduite sur 80 km de routes sur quatre départements a présenté des résultats positifs." 

Cette mesure sera applicable à partir du 1er juillet 2018. Son efficacité sera évaluée et sa reconduction au 1er juillet 2020 étudiée. "Cette décision est sans lien avec une quelconque motivation financière", a précisé Edouard Philippe pour couper court aux polémiques. Les éventuelles recettes supplémentaires engrangées par l'Etat iront "dans un fonds d’investissement pour la modernisation des structures sanitaires et médico-sociales destinées à la prise en charge des accidentés de la route". Et "le coût de financement des panneaux de signalisation sera entièrement financé par l'État".

Vous pourrez vous voir imposer un éthylotest antidémarrage en cas de conduite en état d'ivresse

Le gouvernement veut renforcer la lutte contre l'usage de stupéfiants et l'alcoolémie au volant. "Nous allons multiplier l'usage des éthylotests antidémarrage pour contrôler l'alcoolémie [du conducteur] et empêcher le véhicule de démarrer si le taux légal n'est pas respecté", a annoncé Edouard Philippe. Cette mesure concernera les conducteurs dont le permis a été suspendu pour conduite en état d’ivresse. Ils pourront ainsi être autorisés à conduire pendant cette suspension.

Vous ne pourrez plus toujours voir les policiers sur les applis dédiées à la conduite

Fini les alertes sur smartphone à l'approche d'un contrôle de police. Les forces de l'ordre pourront se rendre "indétectables" sur les applications de circulation communautaires (Waze, par exemple) afin d'effectuer des contrôles sur la consommation de stupéfiants. Cette mesure n'est pas prévue pour les contrôles de vitesse, a affirmé Edouard Philippe. Toute personne contrôlée positivement à des stupéfiants ou à un taux d’alcool dans le sang supérieur à 0,8 g verra son véhicule placé "immédiatement" en fourrière et pour une durée de sept jours.

Vous risquez de voir votre permis retenu si vous téléphonez au volant

Le portable est aussi dans le viseur du gouvernement. Et pour cause, lire un message nécessite de quitter la route des yeux pendant 5 secondes : pendant ce laps de temps, en roulant à 50 km/h, le véhicule parcourt 70 m. Désormais, les forces de l'ordre pourront "retenir" le permis de conduire d'une personne utilisant un téléphone portable au volant, si celle-ci commet une autre infraction, comme l'oubli d'un clignotant. Le simple usage du téléphone, tenu en main ou par kit mains libres, est par ailleurs sanctionné de 135 euros d'amende et d'un retrait de trois points du permis de conduire.

Vous pourrez être "vidéo-verbalisé" si vous coupez la priorité à un piéton

Le gouvernement veut protéger les piétons. Pour cela, Edouard Philippe a annoncé la possibilité de "vidéo-verbaliser" les infractions liées au non-respect de la priorité d'un piéton engagé. Les sanctions seront aussi renforcées. Dans cette même ambition, le gouvernement prévoit aussi de supprimer les places de stationnement près des passages piétons.