La Nièvre renonce à revenir aux 90 km/h sur certaines routes départementales en raison des "contraintes exorbitantes" de l'Etat

En cause, un effort financier de "300 millions d'euros" pour le département et une "insécurité juridique" en cas d'accident, explique le président du Conseil départemental.

Un panneau annonçant la limitation de la vitesse à 80 km/h au bord d\'une route départementale à Ploudaniel (Finistère).
Un panneau annonçant la limitation de la vitesse à 80 km/h au bord d'une route départementale à Ploudaniel (Finistère). (MAXPPP)

Les conducteurs de la Nièvre devront finalement garder le pied sur le frein. Le président du conseil départemental, le socialiste Alain Lassus, a dénoncé vendredi 6 février les "contraintes exorbitantes" imposées par l'Etat pour un retour aux 90 km/h. D'après l'élu, celles-ci "remettent en cause la volonté initiale des élus départementaux de faire bénéficier les Nivernais de cette dérogation aux 80 km/h".

Les 450 km de routes concernées dans la Nièvre supposeraient un effort de plus de 300 millions d'euros par le département, tandis que son budget routes annuel s'élève à 10 millions d'euros, ouvrages d'art inclus.Alain Lassusdans un communiqué

Par ailleurs, "l'insécurité juridique que ferait peser une telle mesure sur les élus en cas d'accident est proprement inacceptable", a-t-il ajouté, confirmant le renoncement du département à relever la vitesse sur ses routes.

La Seine-et-Marne et la Haute-Marne concernées

Une circulaire du ministère de l'Intérieur, en date du 15 janvier, permet, à la demande de présidents de conseils départementaux, de déroger localement à la limitation de 80 km/h sur les routes secondaires à deux sens sans séparateur central. Les élus locaux doivent motiver leur décision et respecter certaines conditions avant de prendre une telle décision.

Estimant que les tronçons de route concernés doivent faire "au moins 10 km", la circulaire demande aux préfets de "donner un avis systématiquement défavorable" sur les tronçons où il y a "des arrêts de transports en commun", de la circulation d'engins agricoles et de riverains, ou "traversés de chemins de grande randonnée ou de véloroutes" (pistes cyclables de moyenne ou longue distance).

Jusqu'à présent, seules la Seine-et-Marne et la Haute-Marne ont annoncé le relèvement de la vitesse sur une partie de leurs routes.