Cinq choses à savoir sur les radars tourelles qui arrivent en France (et effraient déjà les automobilistes)

Le gouvernement espère que 1 200 appareils nouvelle génération seront déployés d'ici 2020 le long des routes de France.

Un radar tourelle installé à Floirac (Gironde), sur la rocade bordelaise, ici le 12 avril 2018.
Un radar tourelle installé à Floirac (Gironde), sur la rocade bordelaise, ici le 12 avril 2018. (MAXPPP)

Certains d'entre vous ont déjà croisé leur silhouette imposante, qui culmine à quatre mètres de hauteur. D'autres vont les découvrir pour la première fois lors du long week-end de la Pentecôte, qui débute vendredi 7 juin, ou dans quelques semaines, en partant en vacances. Des radars fixes nouvelle génération, les Mesta Fusion 2, surnommés "radars tourelles", ont commencé à être déployés sur les routes de France. On devrait en compter 400 d'ici la fin de l'année, et trois fois plus fin 2020. Franceinfo vous explique ce qu'ils ont de particulier.

Ils peuvent flasher plusieurs véhicules

De leur hauteur, les radars tourelles ont une portée particulièrement importante pour repérer les automobilistes en infraction. Selon le ministère de l'Intérieur, ils sont capables de contrôler huit voies de circulation, sur un tronçon de 200 m. A titre de comparaison, les premiers radars fixes déployés sur les routes françaises, en 2003, ont une portée de 50 m, sur une à quatre voies. Le Mesta Fusion 2 peut également flasher plusieurs véhicules simultanément, et de contrôler en même temps la vitesse et le franchissement interdit d'un feu rouge. Et il est capable de faire la différence entre une voiture et un poids lourd.

Ils reconnaissent d'autres infractions que les excès de vitesse

Une vidéo de promotion du Mesta Fusion, mise en ligne par Idemia, l'entreprise qui commercialise ces nouveaux radars, donne à voir une palette de fonctions bien plus large que celle d'un radar classique. Il peut détecter le non-respect des distances de sécurité et repérer aussi les véhicules qui roulent trop lentement. Il repère les conducteurs qui grillent les feux rouges, tournent à des endroits où ils n'y sont pas autorisés, dépassent par la droite ou circulent à tort sur des voies réservées à certains types de véhicules.

Et il est aussi capable d'identifier et de filmer les conducteurs en infraction avec la législation sur le port de la ceinture de sécurité ou l'utilisation du téléphone au volant. Enfin, il sait lire les plaques d'immatriculation, permettant en théorie de traquer des véhicules recherchés. Mais toutes ces fonctionnalités ne sont pas d'actualité en France, assure la Sécurité routière : pour l'instant, il n'a été homologué que pour les contrôles de vitesse et le contrôle du respect des feux rouges.

Ils sont censés être plus difficiles à vandaliser

Le ministère de l'Intérieur compte aussi sur ce nouveau modèle pour résoudre le problème posé par les dégradations de radars automatiques. Le Mesta Fusion 2 étant perché à plusieurs mètres de hauteur, "il sera beaucoup plus difficile de le casser que ses prédécesseurs", espère la Place Beauvau. Plus difficile, mais pas impossible : des photos prises à Thionville (Moselle) et à Marseille montrent que les radars déjà installés n'ont, à défaut d'être détruits, pas échappé aux bâches.

Un radar nouvelle génération recouvert d\'une bâche, d\'un gilet jaune et d\'un drapeau de la FNSEA à Thionville (Moselle), le 16 novembre 2018.
Un radar nouvelle génération recouvert d'une bâche, d'un gilet jaune et d'un drapeau de la FNSEA à Thionville (Moselle), le 16 novembre 2018. (MAXPPP)

Un radar automatique nouvelle génération bâché par des \"gilets jaunes\" sur la rocade L2 de Marseille, le 13 décembre 2018.
Un radar automatique nouvelle génération bâché par des "gilets jaunes" sur la rocade L2 de Marseille, le 13 décembre 2018. (MAXPPP)

Les atteintes contre les radars automatiques sont particulièrement importantes depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", au point que Christophe Castaner a affirmé, en mars, que 75% des radars automatiques français avaient été détériorés voire mis hors d'usage.

Certains radars seront des leurres

Une autre particularité de ce radar est que, bien que ses cabines soient fixes, ses emplacements vont varier. En effet, la Sécurité routière a l'intention d'installer davantage de cabines qu'il n'y aura de radars, et de laisser certaines d'entre elles vides, en déplaçant le véritable radar d'une cabine à l'autre. Les automobilistes, en revanche, ne seront pas prévenus de quelle cabine sera occupée ou non. Les vitres de celles-ci ne permettront pas de distinguer la présence ou non du radar. Pour une cabine occupée, il y aura quatre cabines leurre, selon les informations de franceinfo. Sur France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière, évoque plutôt un ratio d'une cabine occupée pour cinq vides.

Ils commencent à être déployés (mais on ne sait pas toujours où)

Si l'installation des 400 nouveaux radars prévus en 2019 se fait progressivement, certains sont déjà au bord des routes. Une dizaine avait même été installée dès février 2018 pour une phase d'expérimentation. France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur en avait repéré un sur la rocade de Marseille. Selon Le Monde, on peut en voir à Bordeaux, Thionville (Moselle), Roubaix (Nord), Mimizan (Landes) ou encore Strasbourg, ainsi qu'en Guadeloupe. Leur plan de déploiement a été modifié "car on a dû remplacer les radars dégradés", a expliqué Emmanuel Barbe sur franceinfo. Et si une carte des radars est disponible sur le site de la Sécurité routière, celle-ci ne détaille pas quel type de radar est installé à quel emplacement. Impossible, donc, de savoir exactement où ces radars tourelles sont déjà présents.