Baisse de la vitesse sur les routes secondaires : "On va retrouver des temps de trajet des années 80, ce qui est inacceptable"

A dix jours de l'entrée en vigueur de la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes nationales et départementales, l'opposition milite toujours pour réexaminer ce projet de loi.

La limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes nationales et départementales va entrer en vigueur au 1er juillet.
La limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes nationales et départementales va entrer en vigueur au 1er juillet. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

Dix jours avant l'entrée en vigueur de la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes nationales et départementales, le gouvernement entreprend une grande opération de communication, révèle mercredi 20 juin franceinfo.

Cette initiative vise à atténuer l'impopularité de cette mesure. Vincent Descoeur, député Les Républicains du Cantal est à l’initiative de la proposition de loi qui sera examinée en séance publique ce jeudi et qui propose que ce soient les préfets et présidents de département qui décident de limiter ou pas la vitesse sur telle ou telle route. "Il s'agit de faire confiance aux élus", explique-t-il sur franceinfo.

franceinfo : Quel est le but de votre proposition de loi ?

Vincent Descoeur : L'objectif c'est d'éviter une application uniforme et sans discernement. La limitation va avoir des effets en termes de mobilité et d'aménagement du territoire. Je déplore et regrette qu'il n'y a pas eu de débats autour des conséquences de cette mesure et de la mobilité de millions de nos concitoyens. Je compte sur les députés qui vont faire le choix d'apporter une réponse à l'exaspération de leurs administrés qui pourrait bien devenir demain de la colère. Il faut justifier cette décision du gouvernement et il va être difficile de nous convaincre. La proposition que fait le groupe des Républicains est équilibrée parce qu'elle permet de concilier les impératifs de mobilité et les exigences de sécurité. Il s'agit de faire confiance aux élus.

Que reprochez-vous à cette loi ?

Cette mesure va entraîner immanquablement une augmentation des temps de trajet. Dans les départements comme le Cantal on roule à 90 km/h sur des portions rectilignes très courtes, entre deux portions sinueuses, et c'est ce qui nous permettait à ce jour de pouvoir dépasser les véhicules. Demain, nous serons dans l'impossibilité de dépasser un camion, sauf à commettre une infraction. Je prétends qu'on va retrouver des temps de trajet des années 80, ce qui est inacceptable à l'heure où tout le monde parle de mobilité.

Cette limitation est pour le moment en expérimentation pendant deux ans. Qu'en pensez-vous ?

Sur la question de l'expérimentation, je n'y crois pas. Cette réduction de vitesse est l'une des 18 mesures qui vont être mises en œuvre. On est tous attachés à ce que le nombre de victimes diminuent. Si le nombre de victimes diminuent, qui pourra mesurer l'impact de la limitation de vitesse ? Personne. Ce qui veut dire que ce qui nous est promis, c'est une réduction durable. Ce qui est proposé aux territoires ruraux c'est le ralentissement généralisé. Ce n'est pas acceptable à l'heure où tout le monde parle de mobilité.