Limitation à 50 km/h sur le périphérique parisien : l'abaissement de la vitesse en 2014 a eu peu d'effets mesurables

Des élus remettent mardi un rapport à la mairie de Paris qui propose de limiter la vitesse à 50 km/h sur le périphérique parisien. Il y a cinq ans, la vitesse avait déjà été abaissée pour des effets très limités.

Le périphérique parisien, en juillet 2018.
Le périphérique parisien, en juillet 2018. (GERARD JULIEN / AFP)

La vitesse sur le périphérique parisien sera-t-elle limitée à 50km/h ? C'est le souhait de plusieurs élus au conseil de Paris. Ils remettent, mardi 28 mai, un rapport à Anne Hidalgo, la maire de la ville. Leur objectif est triple : abaisser la vitesse de 20 km/h, limiter le nombre de voies et réduire la pollution aux particules fines et sonores.

Les décibels en léger recul

Il y a cinq ans, la vitesse avait été abaissée de 80 à 70 km/h sur cet anneau de 35 kilomètres emprunté chaque jour par un million d'automobilistes. "L'abaissement a permis de limiter légèrement le bruit, surtout la nuit d'1,2 décibel en moyenne, explique Fanny Mietliki, directrice de Bruitparif. En journée, par contre, c'est beaucoup plus faible. C'est de l'ordre d'un demi décibel seulement."

Quant aux 100 000 riverains du boulevard périphérique, entendent-ils vraiment une différence ? "Il faut avouer qu'un décibel, c'est assez peu perceptible à l'oreille humaine, reconnaît Fanny Mietliki. Mais ça va dans le bon sens puisqu'il y a, sur un tiers du périphérique, un revêtement acoustique. Les effets des deux mesures apportent un gain significatif parce qu'on est autour de cinq décibels en moins. Et là, c'est perceptible à l'oreille."

Les émissions de dioxyde d'azote très élevées

Airparif dispose de deux stations de mesure de la qualité de l'air au bord du périphérique. Pour Charlotte Songeur, ingénieure au sein de l'association, impossible de savoir si le passage de 80 à 70 km/h a fait baisser la pollution aux particules fines. "C'est quelque chose qu'on n'a pas mesuré jusque-là parce qu'il y a beaucoup de paramètres. Le parc roulant, les aménagements de voirie, les axes qui ferment, qui rouvrent... Ce que l'on peut quand même observer, c'est que l'on est à 80 microgrammes par mètre cube de dioxyde d'azote à l'année, et il ne faut pas dépenser les 40 en Europe. On est jusqu'à deux fois au-dessus de la réglementation."

Quant à l'accidentologie, si entre 2014 et 2018 on compte 3 210 accidents, soit 694 de moins qu'entre 2009 et 2013, difficile de savoir s'il y a un lien de cause à effet avec la limitation à 70 km/h, selon Yves Carra porte-parole de l'Automobile club association. "S'il y avait une étude qui prouvait clairement que de descendre de 10 km/h sur le périphérique avait amélioré la sécurité, on aurait tous ces chiffres. Or, on ne les a pas. Encore une fois, un accident, c'est multifactoriel. La vitesse n'est qu'un élément et pas forcément le plus important."

La baisse du nombre d'accidents pourrait s'expliquer en partie par la baisse du nombre de voitures sur le périphérique, avec 5 296 véhicules par heure au kilomètre en 2017 contre 5 550 véhicules en 2014.