Des places de stationnement supprimées pour mieux voir les piétons : le dispositif testé à Vitré pourrait se généraliser

La loi d'orientation des mobilités prévoit de restreindre le stationnement près de passages piétons pour une meilleure visibilité des véhicules et des piétons. Un dispositif en test dans trois villes, dont Vitré (Ille-et-Vilaine).

Un piéton devant un passage clouté.
Un piéton devant un passage clouté. (MATTHIEU BOTTE / MAXPPP)

Deux bandes jaunes et le symbole stationnement interdit peints sur la chaussée. A Vitré (Ille-et-Vilaine), 35 places de parking qui gênaient la visibilité près des passages piétons ont été supprimées depuis un an. Un dispositif prévu par la loi d'orientation des mobilités, et actuellement en test dans trois villes, pour réduire la mortalité sur les routes alors qu'en 2017, 138 personnes sont mortes sur des passages piétons en France, selon la Sécurité routière.

Danielle comprend tout à fait la mesure."J'étais parfois surprise, reconnaît-elle, parce que s'il y a une voiture devant le passage, en tant que conducteur, on ne voit pas arriver la personne et elle ne nous voit pas arriver non plus. Je trouve que c'est dangereux." C'est aussi ce que dit la mairie de Vitré. "Si on regarde les statistiques des pompiers de notre ville, c'est à peu près 1 500 interventions chaque année, précise Bruno Maisonneuve, l'adjoint en charge de la sécurité. Une centaine de ce interventions relève de pratiques de type vélo ou piétons. 100 sur 1 500 c'est peu, malgré tout il faut s'en saisir."

Des commerçants regrettent la suppression de places

Mais cette suppression de places de stationnement n'est pas du goût de tout le monde. En particulier de certains commerçants du centre de Vitré. "Les gens ne viennent plus se garer au centre-ville et nous, petits commerçants du centre-ville, on est aussi désertés, déplore Capucine. On est dans la restauration et du coup, dans le créneau entre midi et 14 heures, les gens qui n'ont que trois quarts d'heures pour manger ne vont pas passer 20 minutes à chercher une place de parking."

Fabrice est lui aussi concerné. Une place a été enlevée juste devant son épicerie. Mais il l'accepte : "Si c'est sur le côté sécuritaire du centre-ville, on peut pas aller contre. En plus, ils ont mis à la place deux parkings à vélos. Donc ça incite les gens à venir dans centre-ville à vélo. Après, ce n'est pas dans les gènes des Français de circuler à vélo malheureusement..."

En effet, les arceaux placés là, autant pour empêcher une voiture de se garer que pour inciter le déplacement en deux roues, ne sont pas très utilisés. En limitant le stationnement des voitures, on ne fait pas automatiquement venir les gens à pied ou à vélo. 

Nous sommes sur un territoire rural, industriel, et on voit bien que le report sur d'autres modes de transport est difficile et prend du temps.Bruno Maisonneuveà franceinfo

L'adjoint en charge de la sécurité estime que "la voiture a encore sa place, tout est question d'équilibre et du partage de l'espace public." A Vitré, la mairie relativise donc le nombre de places de stationnement supprimées : 35 sur un total de 3 000, dont plusieurs centaines gratuites dans un parking proche du centre historique.