Reportage "J'ai peur de ne pas me réveiller demain" : à Paris, des sans-abri dorment sous la neige

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Durée de la vidéo : 3 min.
Paris : des sans-abris dorment sous la neige
France 2
Article rédigé par
C. Le Goff, C. Kenck, L. Lavieille - France 2
France Télévisions

Le plan Grand froid a été déclenché en Île-de-France. Il permet de créer des places supplémentaires d'accueil pour les sans-abri. Cependant, beaucoup d'entre eux refusent de quitter la rue.

Zéro degré, la neige commence à tomber, il est minuit mercredi 10 février et Paris sous couvre-feu semble déserté. Mais dans le quartier Montparnasse, Fabrice ne trouve pas le sommeil. "Je ne sais même pas si je vais pouvoir dormir parce que j'ai trop peur de ne pas me réveiller demain matin. Je suis un peu démoralisé ce soir", déplore-t-il. Lui a 48 ans, dont déjà 10 passés dehors. Mais avec ses trois chiens, aucune structure ne peut l'accueillir. Alors, depuis un mois et demi, avec son compagnon d'infortune, il vit devant une grande brasserie. Il a empilé des cartons pour ne pas que ses duvets soient mouillés par la neige pendant la nuit.

Comme Fabrice, des dizaines de sans-abris dorment dans les rues de Paris, parfois à même le sol. Le plan Grand froid, qui permet de créer des places supplémentaires d'accueil pour les sans-abri, a été déclenché en Ile-de-France. Cependant, beaucoup d'entre eux refusent de quitter la rue.

"Quand on voit ça, on n'a plus les mots"

Marie, 35 ans, passe son premier hiver dehors, sur un banc en béton. Pour elle, pas question de retourner en centre d'hébergement d'urgence. "Ça s'est mal passé. On est dans des chambres de 5, 6. Il y a des vols et tout... Je ne veux pas y aller", confie-t-elle, en ajoutant que "le courage et la foi" la font tenir.

Deux heures plus tard et trois degrés de moins, ils sont une quarantaine alignés devant une galerie commerciale. Un homme de 74 ans est frigorifié. Seul réconfort pour lui, un café chaud distribué par une association. "Franchement, quand on voit ça, on n'a plus les mots, on est désespérés, le 115 est débordé, il ne nous répond plus. On sait pas quoi faire, ils sont là, on se demande si demain on va les retrouver ou si un ne sera plus là", témoigne une bénévole.

"C'est pas plus dur qu'un autre jour", balaie le septuagénaire. Moi j'ai besoin d'humanité, c'est tout."

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