La solitude des anciens enfants placés

Les anciens enfants placés représentent un quart des SDF. À la majorité, aucune structure ne veut les accueillir. 

Une épave en plein Paris : Claude, 19 ans et SDF, s'y réfugie le soir : "Le plus difficile dans la voiture, c'est qu'on ne peut pas se laver. Tu te demandes ce que tu vas pouvoir devenir demain, qui va pouvoir t'aider". Claude n'a pas de famille. Sa mère est décédée, et son père n'a "jamais été trop forcément présent dans la vie de tous les jours". Claude est ballottée de foyers en familles, depuis l'âge de 4 ans. Sa vie tient dans un coffre de voiture. Depuis qu'elle est majeure, aucune structure ne veut l'accueillir, car elle n'existe plus aux yeux de l'État. 

"Tu te sens encore plus abandonné"

"Il y a des journées où tu ne manges pas, tu dois attendre, des fois après, tu tombes dans  le monde de la drogue, parce que tu n'as pas forcément le choix, le monde de la prostitution. J'en ai honte", confie-t-elle. Jusqu'à 18 ans, elle était prise en charge par l'aide sociale à l'enfance, "et du jour au lendemain, t'as plus rien". "J'ai toujours eu le sentiment d'être abandonnée déjà avec mon histoire, explique la jeune fille, mais là, tu te sens encore plus abandonné, parce que t'es vraiment seul en fait". Les anciens enfants placés représentent un quart des SDF. Chaque semaine, Claude et ses amis trouvent du soutien auprès d'une association. Les bénévoles sont tous des enfants de l'aide sociale. 

Un sans-abri à Paris, le 8 janvier 2017.
Un sans-abri à Paris, le 8 janvier 2017. (OLIVIER MORIN / AFP)