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Vidéo "Charte des principes" de l'islam de France : "C'était nécessaire de réaffirmer ces valeurs", estime le président du CFCM

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Réclamé par l'exécutif et arraché de haute lutte, le texte réaffirme notamment "le principe de l'égalité hommes-femmes", la "compatibilité" de la foi musulmane avec la République et insiste aussi sur "le rejet de l'instrumentalisation de l'islam à des fins politiques" et la "non-ingérence" des États étrangers.

"C'était nécessaire de réaffirmer ces valeurs", a réagi lundi 18 janvier sur franceinfo Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) après l'adoption dimanche soir d'une "charte des principes" de l'islam, qui affirme la "compatibilité de la foi musulmane avec les principes de la République". Le CFCM sera reçu lundi midi à l'Élysée par Emmanuel Macron, alors qu'en parallèle arrive en commission à l'Assemblée le projet de loi confortant le respect des principes de la République.

franceinfo : Le CFCM a adopté dimanche soir une charte des principes de l'islam, qui rappelle l'égalité entre les hommes et les femmes, la compatibilité entre l'islam et la République. Ces principes n'allaient pas de soi ?


Mohammed Moussaoui : La plupart des déclarations que nous avons faites, allaient de soi mais je pense que c'était nécessaire de réaffirmer ces valeurs de manière solennelle. Nous déplorons l'épisode de division qui a entaché nos travaux [la démission du recteur de la mosquée de Paris qui protestait contre le poids des islamistes au CFCM]. [Ces islamistes], je ne pense pas qu'ils soient puissants. J'aurais aimé que cette composante soit identifiée clairement, ça n'a pas été le cas. Aujourd'hui, tout le monde s'est retrouvé autour de la table et je pense que le plus important pour nous, c'est d'avoir réaffirmé ensemble, tous ensemble, de continuer de poursuivre le travail qui a été commencé sur la création du Conseil national des imams. Ce travail avait déjà beaucoup avancé. Il y avait cette parenthèse que nous avons pu dépasser par l'effort de chacun pour retrouver cette cohésion, cette unité des musulmans de France.

La création de ce Conseil national des imams signifie-t-elle la fin des imams détachés ?


La fin des imams détachés, c'est une question de relations bilatérales entre notre pays et d'autres pays étrangers. Je pense que ça va se régler entre États à l'horizon 2024. Mais la création du Conseil national des imams est importante en soi, dans la mesure où nous allons effectivement clarifier le cadre dans lequel les imams exercent leurs fonctions et permettre de protéger cette mission de l'imamat contre les "autoproclamés". C'est aussi permettre de créer des espaces de formation, de dialogue entre les imams, chose qui manquait au Conseil français du culte musulman.

"C'est tout à fait normal que certains prêches ne soient pas en français. Mais je préfère évidemment que nous évoluons, qu'il y ait systématiquement un prêche en arabe et un prêche en français." 

Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM)

à franceinfo

C'est le cas dans la plupart des mosquées aujourd'hui.Je pense qu'il est essentiel aujourd'hui pour les imams qu'ils prennent conscience que la jeunesse française a du mal, parfois, à comprendre le discours entièrement en arabe. Je pense qu'introduire un prêche en français, cela va de soi normalement.

Les députés ouvrent lundi les débats en commission sur les 51 articles du projet de loi contre le séparatisme. Certains députés à gauche estiment que c'est un texte anti-musulman. Qu'en dites-vous  ?


Non, ce n'est pas un texte anti-musulman. Il y a certainement des mesures qui permettront de combattre l'extrémisme se réclamant de l'islam, et nous nous réjouissons que ces mesures puissent être étudiées par les députés. Le volet associatif peut présenter quelques contraintes quant aux associations gestionnaires de mosquées, mais pas uniquement, puisque tous les cultes sont concernés. Donc, finalement, c'est un projet effectivement dans lequel il faut chercher un équilibre pour combattre l'extrémisme se réclamant d'islam sans stigmatiser l'ensemble des musulmans.


Les amendements portés par les députés LREM Aurore Bergé et Jean-Baptiste Moreau, visant l'interdiction du port du voile pour les fillettes a été retiré par la commission spéciale. A-t-elle eu raison ?


Oui, je pense qu'elle a eu raison. Il y a des mesures concernant l'encadrement de la scolarité des enfants dès l'âge de 3 ans. Cette mesure est importante, elle permettrait effectivement de protéger les enfants contre toute forme d'endoctrinement. Quant à cette proposition de loi visant à interdire le port du voile aux fillettes, elle vient simplement polluer le débat et détourner le projet de loi de son objectif. Personnellement, je pense que les enfants doivent pouvoir être en mesure de se construire. Et je pense que ça se fait par l'école et par une bonne éducation. Ce n'est pas par une loi d'interdiction. Je suis contre cette mesure, on ne peut pas régler tout par des lois. Nous devrions nous épargner un énième débat sur le voile, qui est préjudiciable à tous.

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