Trois questions sur l’ouverture du tombeau du Christ

Des scientifiques ont ouvert, pour la première fois depuis au moins deux siècles, la tombe de Jésus dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Que doivent révéler les analyses réalisées à cette occasion ?

L\'entrée du tombeau du Christ, lors de son ouverture pour restauration, le 28 octobre 2016 à Jerusalem.
L'entrée du tombeau du Christ, lors de son ouverture pour restauration, le 28 octobre 2016 à Jerusalem. (THOMAS COEX / AFP)

Durant trois jours, du 26 au 29 octobre, la plaque de marbre recouvrant la tombe de Jésus dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem a été déplacée. Une ouverture exceptionnelle réalisée dans le cadre de la restauration de l’église.

C'est la première fois que cette pierre tombale est soulevée depuis l'année 1809, lorsque de précédents travaux de restauration avaient été entrepris à la suite d'un incendie, a indiqué le père Samuel Aghovan, le supérieur de l'Eglise arménienne. Mais cette opération ne se limite pas à de simples travaux de réparation. Il s’agit d’une très rare occasion de réaliser des analyses radiographiques et de datation du tombeau. Des recherches qui pourraient bien permettre d’enrichir les connaissances sur la mort de Jésus Christ.

Pourquoi ouvre-t-on le tombeau ?

L’ouverture du tombeau a été décidée dans le cadre de la rénovation de l’église du Saint-Sépulcre, qui a débuté en mai 2016. Plus précisément, il s’agit de reconstruire l’édicule, une petite structure de marbre qui enserre le tombeau. Cette construction est aujourd’hui très dégradée à cause du taux d’humidité élevé, et surtout, en raison des deux millions de visiteurs qui affluent chaque année dans le lieu de culte. En 1947 déjà, une structure métallique avait été installée afin d'éviter que les blocs de marbre ne se désolidarisent.

Ces nouveaux travaux doivent permettent de désosser entièrement l’édicule avant de le remonter à l’identique. Seules les pièces trop fragiles ou cassées seront remplacées tandis que les plaques de marbre pouvant être conservées seront nettoyées. La structure qui les supporte sera consolidée et les poutres métalliques retirées.

Cette restauration est prévue pour durer huit mois afin d'être terminée pour les fêtes de Pâques de 2017.

Quelles analyses ont été réalisées ?

Les "techniques les plus sophistiquées" ont été utilisées pour "analyser les différentes composantes du tombeau, en particulier le saint rocher sur lequel aurait reposé le corps de Jésus", précise l'ingénieure Maria Apostolopoulou de l’Université nationale technique d’Athènes, dans Le Figaro.

L’équipe technique de l’établissement a notamment utilisé de la thermographie à infrarouge pour sonder l’édifice et des microscopes à fibre optique. Mais les travaux ont été compliqués par des "perturbations électromagnétiques d’une ampleur tout à fait inhabituelle", ajoute Antonia Moropoulou, qui dirige le projet.

Des prélèvements ont aussi été effectués, et doivent être analysés dans les mois à venir.

Qu’espère-t-on trouver ?

"Cela fait 1 700 ans que les chrétiens viennent se recueillir sur cette tombe. Et c’est la première fois que la science, grâce aux techniques modernes, va peut-être valider si c’est le bon endroit ou bas", résume Marie-Armelle Beaulieu, rédactrice en chef de Terre Sainte Magazine au Parisien.

Selon le magazine National Geographic, la mise au jour "du lit funéraire va fournir aux chercheurs une occasion sans précédent d'étudier la surface d'origine de ce qui est considéré comme le site le plus sacré du christianisme".

"Il n’y aura jamais de preuve scientifique de la résurrection de Jésus, car cela appartient au registre de la foi, précise l’historien des religions Jean-François Colosimo au Parisien. Mais peut-être que des analyses radiographiques et de datation permettront de savoir à quelle période précise cette pierre a été taillée et s’il s’agit vraisemblablement du lieu identifié comme étant celui où le corps du Christ a été posé après sa mort.”