Marche contre l'islamophobie : une manifestation qui divise la gauche

Dans le cortège, Jean-Luc Mélenchon et plusieurs députés LFI étaient présents ainsi que des représentants d'EELV, du PCF ou encore de Génération.s. Le PS, absent, organisera une autre mobilisation.

 Marche contre l\'islamophobie a Paris, le 10 Novembre 2019.
 Marche contre l'islamophobie a Paris, le 10 Novembre 2019. (JULIEN MATTIA / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Dans le cortège beaucoup de drapeaux tricolores, quelques drapeaux algériens ou palestiniens, des femmes voilées, parfois en bleu, blanc, rouge, et quelques "gilets jaunes" aussi. Ils étaient plusieurs milliers (13 500 selon un décompte du cabinet de comptage indépendant Occurence) à défiler dimanche après-midi à Paris, entre la Gare du Nord et la place de la Nation, dans le cadre d'une marche contre l'islamophobie.

"Solidarité avec femmes voilées !" : entre deux chants, les manifestants ont brandi des slogans contre le polémiste Eric Zemmour, d'autres contre Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale qui voulait aller plus loin que le gouvernement sur la question du voile. Et mis à part un moment de tension avec une Femen rapidement exfiltrée en tout début d'après midi, la manifestation s'est déroulée dans une ambiance bon enfant.

Une controverse "futile" selon Jean-Luc Mélenchon

La mobilisation a donc été importante, malgré la polémique autour de cette marche. Une controverse "futile" pour Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de la France insoumise, qui a organisé une conférence de presse juste avant la manifestation, entouré de cinq parlementaires de son mouvement. "Il faut savoir prendre ces choses-là avec un peu de hauteur et faire l'essentiel : manifester l'unité nationale."

Je demande qu'on réfléchisse à ce que serait ce pays s'il n'y avait eu aucune réaction à la tentative de meurtre devant la mosquée de Bayonne.Jean-Luc Mélenchonà franceinfo

"Eh bien, nous, ici, députés de tout le peuple français, nous manifestons notre solidarité avec ceux des Français qui aujourd'hui sont dans la peur parce qu'ils ont peur ou dans la souffrance. Il faut qu'ils sachent que la France est notre bien commun et pour notre part, nous ne l'abandonnons pas" .

Des représentants du PCF, d'EELV et de Génération.s présents sans leur chef de file

Jean-Luc Mélenchon était le seul chef de parti présent. Ni Fabien Roussel pour le Parti communiste, ni David Cormand pour Europe Ecologie Les Verts, pas plus que Benoît Hamon pour Génération.s n'ont participé à la marche. Claire Monod, l'une des coordinatrices de Générations.s était bien là. Elle relativise ces divisions de la gauche. "J'ai beaucoup manifesté dans ma vie, sur des sujets de cette nature. Que ce soit sur l'antisémitisme, que ce soit les 1er mai, que ça soit dans les cortèges, il n'y a pas forcément toujours unanimité à 100% sur tous les sujets."

Aujourd'hui, il y a une priorité, c'est d'arrêter avec cette stratégie de transformation des musulmans en bouc émissaire dans la société française.Claire Monodà franceinfo

Une manifestation sans le Parti socialiste qui promet une autre mobilisation à une date qui reste à fixer. Les Insoumis comme les écologistes y voient une manœuvre de diversion. La gauche n'est décidément pas prête à l'unité sur le sujet.

Le reportage de Yannick Falt.
--'--
--'--