Dix jours après ses critiques contre l'islam, la jeune Mila ne peut toujours pas retourner dans son lycée

Victime de menaces sur les réseaux sociaux, la lycéenne iséroise de 16 ans se retrouve sans affectation scolaire, dans l'attente d'une solution du rectorat.

L\'entrée du lycée de Villefontaine (Isère) où est scolarisée la jeune Mila, le 30 janvier 2020.
L'entrée du lycée de Villefontaine (Isère) où est scolarisée la jeune Mila, le 30 janvier 2020. (JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

Dix jours après la publication de sa vidéo critique envers l'islam (et les religions en général), suivie d'une vague de menaces de mort et de viol sur les réseaux sociaux, Mila, lycéenne iséroise de 16 ans, n'a toujours pas réintégré son établissement de Villefontaine. En effet, ses déclarations (elle qualifie l'islam de "religion de haine" et ajoute "je déteste toutes les religions") ont provoqué l'indignation d'une partie des élèves. 

Le rectorat de l'académie de Grenoble, en lien avec la famille, s'est mis en quête d'une solution qui permettra à Mila de retrouver le plus rapidement possible, et en toute sécurité, le chemin des salles de classe. "Plusieurs options sont sur la table", a précisé à l'AFP Aymeric Meiss, directeur de cabinet de la rectrice de l'académie de Grenoble. Mais il a confirmé que l'adolescente n'avait pas regagné son lycée depuis les faits, "parce que la situation ne le permet pas". Sans préciser si un retour dans son lycée est envisagé.

"On n'arrive pas à trouver un établissement dans lequel la sécurité de cette jeune fille serait assurée, c'est vertigineux", a déploré mercredi sur BFMTV son avocat, Richard Malka, tout en rappelant que l'élève "n'a commis aucun délit".

Le parquet de Vienne, qui avait ouvert une enquête pour "provocation à la haine à l'égard d'un groupe de personnes, en raison de leur appartenance à une race ou à une religion déterminée", l'a finalement classée sans suite. Pour le procureur Jérôme Bourrier, l'enquête a démontré que les propos diffusés, "quelle que soit leur tonalité outrageante", avaient pour "seul objet d'exprimer une opinion personnelle à l'égard d'une religion, sans volonté d'exhorter à la haine ou à la violence contre des individus".

Les enquêteurs poursuivent en revanche leurs investigations pour trouver les auteurs des menaces de mort exprimées à l'encontre de l'adolescente, qui a porté plainte.