Attaque de Nice : "C'est important que les Français de confession musulmane montrent leur solidarité", estime le président de l'Association pour l'islam de France

Le président de l’association musulmane pour l'Islam de France a réagi sur franceinfo après l'attaque à Nice qui a fait trois morts. 

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Radio France
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Hakim El Karoui en août 2020.  (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Les français de confession musulmane doivent montrer "de façon concrète leur solidarité", après l'attaque au couteau à Nice, estime sur franceinfo Hakim El Karoui, le président de l’association musulmane pour l'Islam de France (AMIF). Il invite également à lutter contre l'Islam fondamentaliste qui a pris dans les quartiers la place de "l'Eglise catholique ou du Parti communiste."

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"Les actes symboliques, c'est important, je pense aussi qu'il ne faut pas seulement du symbolique, il faut aussi du pratique", poursuit Hakim El Karoui, qui appelle les musulmans français à lutter contre le fondamentalisme et le fanatisme. "Cette bataille culturelle, cette bataille idéologique, théologique, est une bataille à l'intérieur de l'islam. Malheureusement, la religion est bien souvent laissée aux extrémistes. "

Pour le président de l'Association musulmane pour l'Islam de France, certains mouvements, comme les frères musulmans, puis les salafistes, "ont fait de l'action sociale à visée religieuse", dans les quartiers. "Il y avait dans les quartiers populaires, hier, l'Église catholique, le Parti communiste, ils ont presque disparu. D'une certaine manière, maintenant, ils sont remplacés par ces organisations islamistes." Il dénonce également les prédicateurs qui "dans les mosquées" et "sur les réseaux sociaux", diffusent une vision très orthodoxe de l'Islam, avec "l'idée aussi, dans certains cas, que l'Islam doit s'opposer à l'Occident."

La concentration de population immigrée pointée du doigt

Hakim El Karoui pointe du doigt la concentration de populations immigrées dans certains quartiers. "Quand, en Seine-Saint-Denis, entre 1982 et 2015, on est passé de 15 à 30% d'immigrés, quand dans le Val-de-Marne, on est passé de 13% à 21%, et quand, à Paris, on est passé de 18% à 22%, en orientant tous les nouveaux arrivants qui sont souvent plus pauvres, plus précaires et qui n'ont pas les codes sociaux, tous au même endroit, on crée des problèmes. Ce n'est pas que l'immigration a explosé, elle a augmenté de 15% entre 1982 et 2015, mais dans ces départements, elle a augmenté de 100, 120, 130%. C'est la première cause du séparatisme et du communautarisme", conclut-il.

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